En pratique, dans les pays où je l’ai vu utilisé (notamment en Chine), le Bitcoin sert surtout via le réseau Lightning avec des applis du genre Wallet of Satoshi. Tu déposes l’équivalent de quelques euros en BTC, tu scans un QR code et le paiement part en une ou deux secondes. Les jeunes s’en servent un peu comme nous on utiliserait Lydia / Revolut : pour se rembourser entre amis, partager l’addition au resto ou au bar, voire envoyer un petit montant à quelqu’un à l’étranger. Ce que je décris, c’est ce que j’ai constaté dans les endroits que je fréquente le plus, surtout à Shenzhen, à Xiang, etc. Je ne prétends évidemment pas connaître “toute la Chine”, je parle juste de ce que je vois sur le terrain. Et pour ces usages-là, on n’utilise quasiment jamais la “grosse” blockchain Bitcoin, c’est vraiment du BTC sur Lightning, instantané et calibré pour les petits montants.
Pourquoi le BTC plutôt qu’un stablecoin dollar ? Côté utilisateur, c’est d’une simplicité déconcertante : tu installes l’app, tu reçois, tu paies, terminé, sans KYC, sans compte sur un exchange, sans carte bancaire. C’est vraiment du pair-à-pair et c’est beaucoup plus difficile à censurer qu’un stablecoin géré par une société qui peut, en théorie, geler des fonds ou couper des comptes. Pour des petits montants qui circulent vite (dépensés dans la journée ou la semaine), la volatilité du BTC est en pratique un faux problème, surtout quand tu l’utilises comme “cash internet”. Les stablecoins dollar sont très utilisés aussi, mais plutôt pour du trading ou de la trésorerie en dollars, moins pour payer une bière.
Pour les frais, sur Lightning, on est sur des montants ridicules : quelques sats, donc des fractions de centime, parfois un mini pourcentage mais souvent indolore. Pour un paiement du quotidien, le coût est quasiment nul, et c’est souvent plus rapide et moins cher qu’une carte bancaire ou qu’un virement international.
Hong Kong, ma préférée, c’est encore un autre niveau : une petite île où tu vois des ATM BTC un peu partout dans la rue, et des bureaux de change crypto parfaitement légaux, souvent sans KYC, contre des HKD, un peu partout à Kowloon et à Central. Là-bas, acheter ou vendre du BTC contre du cash ressemble presque à une activité normale de quartier. En Europe, on ne voit pas encore beaucoup ça, on est très bien servis par notre euro et notre système bancaire, donc la pression pour adopter ce genre d’outils au quotidien est beaucoup moins forte.
PS : au Liban et en Amérique latine, c’est encore plus hardcore. Là-bas, l’usage des cryptos, c’est souvent littéralement une question de survie : dans des pays où l’hyperinflation détruit la monnaie locale, le problème principal n’est même plus le contrôle de masse façon Chine, mais juste de réussir à préserver un minimum de pouvoir d’achat.