Bonjour @Paprika57, voilà une bonne question. Aujourd’hui, la monnaie de référence dans la zone euro est l’euro. Le boulanger sera intéressé par des euros car sa comptabilité est en euros. Lorsqu’il vend son pain à 1 €, il pourrait proposer à un Américain de lui vendre à 1,16 $, ce qui est l’équivalent d’1 €. Si demain le dollar monte, il pourrait lui demander 1,10 $ voire 1,05 $. Les monnaies n’ont plus de taux de change fixe. Le taux de conversion entre deux monnaies dépend de l’offre et de la demande sur les marchés internationaux.
Le même principe peut s’appliquer au Bitcoin. Le boulanger sera toujours intéressé par sa monnaie de référence, l’euro, et adaptera le montant demandé en fonction du taux de change. S’il veut la vendre à 1€, le montant en eur restera « 1 » mais le montant dans une autre devise devra être adapter au risque qu’une devise soit délaissée.
Beaucoup de gens, comme moi, considèrent que Bitcoin est un moyen de se protéger contre l’inflation, que l’on comprend comme la hausse des prix, alors qu’en réalité, c’est la valeur de la monnaie qui diminue. Ce n’est pas le pain qui coûte plus cher en ressources et en temps, mais c’est la valeur de 1 € qui baisse. Il en faut donc plus pour le même produit par rapport à avant.
La monnaie perd de sa valeur parce que les États en augmentent la quantité en circulation (référence: monnaie M2). Quand quelque chose est rare, il prend de la valeur ; quand il y en a beaucoup, il en perd. La valeur des euros diminue parce qu’il y en a plus. Les politiciens aiment donner d’autres raisons car de gauche comme de droite, leurs programmes politiques prévoient toujours d’augmenter la quantité de monnaie disponibles, mais les électeurs acceptent plus facilement quand on leur explique que c’est la faute des pauvres ou des riches ou des étrangers en fonction de la couleur du parti.
Bitcoin est un moyen de garder du pouvoir d’achat, car le nombre maximum en circulation sera toujours limité à 21 millions de bitcoins. Une modification de ce nombre créerait automatiquement une autre monnaie qui ne serait pas Bitcoin (via un « hard fork »). Autrement dit, on ne peut pas changer ce nombre pour la blockchain Bitcoin.
Comme les monnaies de référence, telles que l’euro ou le dollar (et d’autres), perdent de leur valeur à cause de leur quantité qui augmente, ce qui est disponible en quantité fixe (comme les bitcoins) est échangé contre un montant plus important. En gros, quand l’euro perd de sa valeur, en théorie, un Bitcoin coûte plus cher.
Dès lors, si aujourd’hui, un pain à 1 € coûte 98 000 satoshis (1 BTC = 100 000 000 satoshis), et que demain, le pain coûte 1,20 €, il serait attendu que ce même pain coûte toujours 98 000 satoshis. Ce qu’on voit depuis quelques années, c’est que Bitcoin augmente beaucoup plus vite que l’inflation. C’est normal, on est en phase d’adoption. Il y a une plus grosse demande car de plus en plus de monde est convaincu par la technologie. Ce phénomène d’adoption s’ajoute à celui de l’inflation.
Les populations des pays qui font face à une inflation forte, et il y en a beaucoup, ont intérêt à ne pas garder leur argent dans la monnaie locale mais en Dollar US, plus stable, en or, ou dans quelque chose qui peut être facilement échangé, divisible, transportable, etc… comme Bitcoin.
Ton analogie avec les actions est correcte. C’est un actif, un « quelque chose » dont la valeur dépend de ce que les gens veulent bien payer pour. Ca s’applique aux monnaies dans les échanges internationaux, aux matières premières, à l’or, bref, à beaucoup de chose. Pour ce qui est des « valeurs refuges », ce dans quoi on investit pour ne pas garder ses économies dans une monnaie qui perd de sa valeur (comme l’euro), on regarde à quelque chose en quoi on aura confiance dans le future au cas où la monnaie de référence perd de sa valeur. Encore peu de gens ont « confiance » dans Bitcoin… mais petit à petit, ça change et ce changement est en train de s’accélérer de plus en plus.