Mount and Blade : Warband
Dans le monde du jeu vidéo, il y a les blockbusters américains, japonais ou parfois européen. Il y a aussi parfois des productions allemandes à l’image de leurs automobiles : propre, bien finie, rigoureux mais pas très fun. Ou encore des productions d’Europe de l’Ouest souvent assez crades, glauques à souhait et souvent assez adultes (The Witcher, Stalker…) et puis il y a les productions turques.
Enfin il y a surtout un studio : TaleWorlds basé à Ankara et développeur d’un jeu plus ou moins obscur à la base et au nom pas très recherché : Mount And Blade.
Je ne m’étendrais pas sur le jeu de base, ne l’ayant pas testé mais je vais parler de son premier stand alone : Warband.
A : Le concept :
Le nom du jeu peut paraître pourri au premier abord mais en fait il est extrêmement bien trouvé, parce que oui au début M&B : Warband se résumera à ça, se balader à cheval pour courir après le premier mécréant venu et le dézinguer à l’épée.
Le jeu se déroule en deux phases, en cela assez proches des Total War :
- une carte stratégique avec des villages, des châteaux, des grandes villes chacun appartenant à l’un ou l’autre des 6 factions du jeu (j’y reviendrais).
- une carte en vue 3D pour les batailles, selon moi le point fort du jeu pour la première moitié d’une partie, le réalisme est excellent. Dans cette carte on y incarne son alter-ego Warbandien, un homme (ou une femme) à cheval et armé et pouvant dézinguer de l’ennemi à tour de bras.
B : Faut faire quoi ?
Et bien ce que tu veux ! Et c’est d’ailleurs là le problème. On ne sait pas trop quoi faire au début et l’on est vite perdu. Par quoi commencer ? Par la quête ridicule du début du jeu ? Oui, car elle donne accès à un peu d’argent et permet de monter ses premières troupes.
Ah oui, j’oubliais, tu n’es pas seul dans tes pérégrinations dans le monde Calradia, tu tomberas souvent sur des troupes de plus d’une centaine de soldats, chevaliers… et les plus grosses villes du jeu sont gardés par des troupes pouvant dépasser les 400 unités.
On fait donc la première suite de quêtes, elle est vite pliée et consiste en un recrutement de troupes, trouver des bandits, les faire parler (en les tuant tous sauf un, efficace :o), aller libérer le frère d’un marchand et… c’est tout. Maintenant c’est en mode démerde toi !
C : Petit retour en arrière :
J’ai volontairement raconté le début du jeu en occultant la phase initiale, primordiale pour s’en sortir correctement et ne pas trop galérer car cela suit ce que j’ai fait. J’ai lancé une première partie, j’ai créé mon personnage, plutôt axé négociation, charisme… que combat et ai lancé la première partie. Avec les réglages friendly fire et dégâts normaux sur le PJ… j’ai du reprendre 3 fois ma première bataille contre des bandits avant d’y arriver. J’ai poussé une heure de plus, me suis fait emprisonné par des bandits de grands chemins 4 fois, j’ai quitté le jeu et failli le désinstaller.
Le lendemain, j’ai relancé le jeu, et je me suis fait une nouvelle partie avec un nouveau personnage :
C - 1 : la création du personnage
M&B : Warband, c’est un jeu de gestion, stratégie mais c’est aussi et surtout un RPG (comprenez un RPG basique avec caractéristiques, sans choix à conséquences, quoique…) et comme tout RPG (ou presque) on passe d’abord à la case création du personnage. Et celle-ci est ma foi fort bien foutue car elle déterminera plusieurs choses :
- les aptitudes du PJ à se battre, faire ud commerce, persuader, ses PV
- la difficulté initiale du jeu
En premier lieu, on passe par un écran avec caractéristiques splité en 3 :
- les statistiques principales : Force, Agilité, Intelligence et Charisme
- les statistiques secondaires : Puissance de tension (capacité à bander un arc), premiers soins, chirurgie, commandement, mentor, commerce… Chacune est lié à une principale et ne peut dépasser le tiers d’une compétence principale (si j’ai 12 en intelligence, je ne pourrais dépasser 4 en premiers soins), sachant qu’on ne gagne qu’un point en principal et un (voire deux si on met un point en intelligence) en secondaire, il faut donc 3 niveaux pour pouvoir monter les caractéristiques secondaires qui sont en fait les plus importantes car donnent les bonus.
Sachant de plus qu’il est très long de monter en niveau (90h de jeu environ, niveau 31 sur un max de 63 niveaux a priori), il faut donc faire directement de bons choix, ceux-ci pouvant être compensés par la suite.
- les compétences d’armes, elle se montent en mettant des points dedans ou en utilisant les armes. L’apport des points est intéressant en début de partie, moins par la suite face au leveling de la compétence d’arme (comme dans un elder’s Scrolls en fait)
Nouvelle création de personnage pour moi donc, je booste la force, l’agilité, les points de vie, la capacité à faire mal avec les armes et booste les armes à une main et larbalète.
S’enchaîne alors une suite d’écrans où on me pose des questions sur mon origine, suis-je noble, bouseux, fils de marchand, homme,femme, ai-je étudié à l’université ou grandis auprès d’un forgeron… En fait, les réponses aux questions sont importantes, un forgeron s’y connaîtra mieux en port d’arme et maniera mieux le bouclier, empêchant celui-ci de se détériorer en combat, un étudiant sera plus versé dans les caractéristiques liées à l’intelligence comme l’une des 3 compétences de soin… Bref les choix sont primordiaux et je poursuis sur ma lancée, je me fais une brute, noble (ce point est important, le bonus en réputation est conséquent en début de partie en étant noble, choisir une origine roturière augmentera la difficulté pour au moins 20/30 heures de jeu).
Création du personnage terminée, on reprend les quêtes, cette fois pliées. A même équipement, je fais 20/30% de dégâts en plus et surtout je touche les ennemis à l’arbalète.
C’est mon premier constat du jeu et il est positif : on peut foirer son personnage, j’en avais fait l’amère expérience. J’ai ensuite vu que c’était rattrapable mais long et fastidieux.
C-2 : s’entourer d’amis.
Dans M&B, si t’es seul, tu as beau avoir la meilleure arme et armure du jeu, le plus beaux canasson et le niveaux le plus élevé, face à une dizaine de troupe d’élite, tu tomberas en 10 secondes maximum. Il te faut donc t’entourer correctement et il existe deux types de compagnons :
- les troupes classiques
- les héros
Les troupes classiques sont recrutés dans les villages, en nombre aléatoire dépendant de ta réputation et sont au niveau le plus bas, parce que oui, les troupes classiques ont aussi des niveaux, et même des arbres d’évolutions. Il est aussi possible de recruter des mercenaires, plus chers mais ce peut être intéressant pour rapidement former une force offensive expérimentée. Ces troupes doivent être formées pour gagner en niveau et atteindre le niveau de troupe d’élite.
Second constat, le nombre de troupes que l’on peut avoir dépend d’un certain nombre de facteurs dépendant entre autre des choix du personnage :
- charisme
- commandement
- niveau
- …
Au début on a le droit à une trentaine de troupe si comme moi on a choisi un buf comme perso, pas charismatique et pas du tout doué en commandement. Et on les forme en pourchassant toutes les bandes plus petites que nous, en perdant plein de troupes et en upgradant les survivant.
L’upgrade, c’est vraiment un plaisir. Voir ses troupes atteindre le niveau maximal est jouissif, d’autant plus que la différence de puissance est impressionnante !
C’est d’autant plus agréable que chaque faction à son propre arbre de troupe. Certains ont des cavaleries lourdes dévastatrices quand d’autres ont des troupes à pied surpuissantes, ou encore des archers sniper, des cavaleries légères équepées d’arc ou encore des troupes polyvalentes. Il va sans dire que les troupes puissantes coutent chères à entretenir (et à nourrir).
A posteriori, les troupes à cheval sont quand même les plus puissantes ne serait-ce que pour le fait que l’on se déplace plus vite sur la carte stratégique et que les chevaux infligent des dégâts en chargeant…
Le recrutement des héros. Ici, il faut avoir de la chance, visiter les grandes villes, et trouver des héros pour les engager. Chacun répond à un archétype prédéfini, guerrier, médecin, pisteur, archer… Certains sont nobles, d’autres non, et surtout il existe des animosités entre eux pouvant conduire à leur défection de nos rangs (avec bien sûr l’équipement surpuissant qu’on leur aura donné…).
C-3 : les combats.
Ca y est les troupes sont prêtes ? Place au combat, composante majeure du jeu, la phase de combat amène plusieurs constats :
- c’est assez moche comme jeu pour la vue en 3D, les cartes sont assez grandes, et il peut y avoir pas mal de troupes à l’écran (une bonne centaine) chacun réagissant « indépendammenti ». L’IA est donc légère, perfectible mais plutôt satisfaisante.
- la sensation de combat à cheval est : jouissive. J’ai vraiment l’impression de charger, de donner un coup d’épée au passage. La vitesse de charge est prise en compte, la notion de relief est primordiale pour casser les charges de cavalerie (ou au contraire accélérer rapidement). la précision à l’arc est réaliste et surtout on peut vite crever. On gère ses troupes par le biais de raccourci de commandes (cavalerie, chargez!, Archer, feu à volonté, Infanterie, tenez la position…) et ça marche pas mal.
- il y a quelques bugs de pathfinding et parfois des ennemis qui se bloquent derrière des tonneaux lors des sièges de château.
Les troupes ennemies étant très variés, chaque combat à une tactique différente, les sièges étant les plus difficile à mener étant donner que l’on se fait canarder du haut des remparts pendant que l’on met la tour de siège à portée ou que l’on monte sur les échelles.
C-4 : Evoluer dans le monde de Calradia
Ca y est je maîtrise les combats, j’ai une troupe d’une 50aine de soldats, quelques héros qui m’accompagne et je commence à avoir une réputation solide. A moi de faire un choix :
- est-ce que je veux fonder mon propre royaume, et donc mener un siège pour m’emparer d’un fief qui deviendra la capitale de mon royaume
- est ce que je veux devenir le vassal d’un chef d’une faction.
Dans l’un ou l’autre cas, la diplomatie va entrer en compte. Chaque chef, lord, comte, village, ville, faction dispose d’un degré d’appréciation à mon encontre. Je peux très bien être adulé par une faction dans sa globalité mais haï par un comte que j’aurais humilié en combat singulier, celui-ci fera tout pour me pourrir la vie, raid sur mes villages, poursuite de mes troupes…
Sachant qu’en plus les lords et factions ont des niveaux de relations entre elles, satisfaire l’un risque de mécontenter un autre et c’est là tout l’intérêt du jeu dans la seconde moitié de partie.
Très vite (une trentaine d’heures de jeu), il deviendra impossible de soutenir financièrement ses troupes sans la possession de terres, ce qui signifie être noble, plus dur si l’on est simple roturier au départ, il faut donc être anobli. que l’on choisisse d’être tout seul ou de devenir vassal, à un moment ou à un autre, on possédera des terres, qu’il faudra gérer (prison, poste de garnison, école…) et surtout défendre !
Ici, l’intérêt du combat chute drastiquement, on possède des troupes d’élite en nombre suffisant pour les combats classiques. Par contre, les relations mal gérées peuvent couter cher. Dans ma partie, j’étais devenu chef de ma propre faction et je m’étais mis à dos le chef d’une faction adverse. Ma capitale s’est faite assiégée par plus d’un millier de troupe, et il m’a fallu une bonne dizaine d’heure de jeu pour récupérer de cette attaque.
Conclusion :
Warband est un jeu vaste, complexe avec des mécanismes pourtant simple.
Simple car chaque action a une conséquence visible immédiatement (les impacts sur les relations sont notifiées en direct, l’ajout de point dans une compétence ajoute un bonus quantifié +XX dégâts, +5% chance que la troupe ne soit quassommée au lieu de mourir…)
Complexe car il devient très vite difficile de gérer les relations avec tout le monde, et contenter chacun. Bref c’est assez réaliste.
Points positifs :
- jeu très complet, chronophage,
- réalisme des combats à cheval
- possibilités de faire ce que l’on veut
- gestion des vassaux, des fiefs… très bien pensé
Points négatifs :
- difficulté parfois abusée, parfois trop faible
- localisation française à la truelle
- graphismes à la ramasse.
http://img123.imageshack.us/img123/5376/argent.png
Je mettrais bien une médaille d’argent mais je n’ai pas les liens pour les photos !
Message edité le 07/09/2011 à 13:44