Wii : Contact
A la découverte de la dernière Nintendo, sortie hier aux Etats-Unis et fraîchement sortie de sa boîte. Ou comment passée l’exploration des fonctionnalités, la plupart encore en chantier, c’est Wii Sports qui, finalement, monopolise le lecteur. Premières impressions.
Comme prévu, le lancement de Wii a été infiniment plus fluide que celui, il y a quelques jours, de la Playstation 3. Mais les quantités disponibles étaient également bien supérieures. Le Best Buy visité hier matin celui qui avait reçu 28 consoles Sony vendredi disposait de 63 Wii, et attendait au moins 40 machines supplémentaires dans la journée. Et même si les fans les plus acharnés n’ont pas hésité à camper toute la nuit, il suffisait d’arriver une ou deux heures avant l’ouverture pour repartir avec sa console. Ce qui n’a pas empêché la complète disparition des stocks en quelques dizaines de minutes.
Une fois le déballage terminé, c’est d’abord la taille de la machine, comparable en tous points à celle d’un lecteur CD/DVD PC classique, qui surprend. Certes, il ne s’agit pas vraiment là d’une nouveauté. Mais pouvoir la tenir dans ses mains et la voir ailleurs que sous son habituelle cage de verre permet réellement de vérifier combien, en supplément de son design élégant, Wii est svelte comparée au mastodonte Xbox 360 (ou Playstation 3). Le constat est d’autant plus impressionnant que la console recèle quelques trésors sous divers clapets, en particulier des emplacements pour manettes et cartes mémoire Gamecube ; sous réserve de pouvoir tester la robustesse de la fonction de rétrocompatibilité, Nintendo semble être véritablement en mesure d’offrir deux consoles pour le prix d’une.
L’installation est un processus simple, la barre de senseurs, principale nouveauté par rapport aux autres machines, se plaçant très simplement au-dessus ou au-dessous du téléviseur. On apprécie également de disposer de réseau sans fil par défaut, au contraire d’autres constructeurs qui préfèrent facturer leurs adaptateurs à prix d’or (100$ aux dernières nouvelles, soit le quart du prix de la console). Se connecter à Internet est, du coup, aussi rapide que de trouver son point d’accès, après quoi Wii télécharge immédiatement les deux premières mises à jour système disponibles. Ce qu’on apprécie moins, en revanche, c’est que Nintendo continue à sous-estimer la demande des joueurs en matière de qualité d’image. Pas de câble composantes inclus avec la console, c’est pardonnable, voire compréhensible. Pas de câble composantes dans les magasins, en revanche, ça l’est moins, d’autant plus que la précieuse connectique est désormais épuisée sur le Nintendo Store, l’unique endroit où les acheteurs peuvent se la procurer. Un réapprovisionnement en ligne est attendu pour la fin du mois et les magasins devraient, eux, être livrés entre début et mi-décembre. Mais en attendant, l’aventure épique proposée par Twilight Princess devra se passer de progressive scan.
Les premiers pas dans le menu principal révèlent une interface épurée dans une atmosphère easy listening et ludique qui, bizarrement, n’est pas sans rappeler les Sims. La possibilité de créer ses Mii, des petits avatars qui se baladent ensuite l’air de rien sur la Mii Plaza, n’est sûrement pas étrangère à ce sentiment. A moins qu’il ne s’agisse de la musique du Wii Shop, aussi inattendue qu’une chaîne de télé-achat sur la planète Bontempi. En parlant de boutique, celle de la Virtual Console est encore, à l’heure actuelle, un peu vide. On recense ainsi sept jeux NES (Donkey Kong, Mario Bros., Pinball, Soccer, Solomon’s Key, The Legend of Zelda et Wario’s Woods), deux jeux Super NES (F-Zero et SimCity), deux jeux Megadrive (Altered Beast et Sonic the Hedgehog) et Super Mario 64 pour la N64. Les jeux TurboGrafx, eux, sont complètement absents. Nintendo annonce cependant de nouveaux titres tous les lundis. Plus curieux est le cas des canaux actualité, météo et Internet, annoncés en septembre dernier et bizarrement inactifs. D’autant plus que la situation devrait se prolonger : d’après le magazine Games Industry, la météo n’est prévue que pour le 20 décembre et les news, pour le 27 janvier. Aucune date, en revanche, ne semble avoir été annoncée pour le navigateur Internet ; le Wii Shop parle lui d’un "futur proche".
La console propose également un certain nombre de fonctions supplémentaires à l’intérêt pas encore franchement clair. Le service de messagerie, par exemple, inspire la confusion avec ses histoires de codes Wii (similaires au codes amis de la Nintendo DS) et d’enregistrement nécessaire avant de pouvoir converser. Sans la possibilité d’utiliser un clavier USB, qui plus est, on lui préfère largement l’email traditionnel. Par ailleurs, l’interface de gestion des Mii dispose d’options étranges : possibilité de faire parader les petits personnages, de les transférer sur une Wiimote… A voir si tout cela se révèlera utile à quoi que ce soit dans le futur.
Et les jeux ? Zelda ne demande qu’à sortir de sa boîte mais, pour l’instant, c’est Wii Sports qui monopolise le lecteur, ce qui en dit sûrement long sur le potentiel ludique de la console. D’un simple jeu de tennis on est quand même très loin de la simulation la télémanette fait une expérience intuitive et fun, surtout à plusieurs, pleine de nuances insoupçonnées. Qu’importe donc que la plupart des fonctionnalités annexes soient encore en chantier ou bien qu’elles apparaissent superflues. Wii, déjà, séduit, et cela grâce au jeu. Et c’est bien pour ça qu’on avait acheté la console, non ?
Par Eric Simonovici le 21.11.2006
Source : Overgame