Deux députés, l’un UMP l’autre PS, proposent de créer une option « création d’entreprise » au baccalauréat, voire avant.
« Ce n’est qu’une proposition parmi trente », insiste le député socialiste du Gard Fabrice Verdier. Avec son confrère UMP du Maine-et-Loire Jean-Charles Taugourdeau, il vient de rendre un rapport sur « l’évaluation des dispositifs d’aide à la création d’entreprises » dans lequel figure cette proposition inédite et loin d’être stupide : étudier la création d’une option au baccalauréat axée sur les projets de création d’entreprise.
On apprend bien les langues mortes et la cuisine ! Même si, dans le domaine de la création d’entreprises, la France se porte bien, il est important et nécessaire de stimuler l’envie de créer les entreprises et de donner aux futurs créateurs tous les outils pour y arriver, et ce dès le plus jeune âge", justifie Fabrice Verdier sur le site Objectif Gard. Et de préciser : « Si on compare par exemple la France avec l’Allemagne, nous avons pratiquement le même nombre de créations d’entreprises, sauf que chez nous elles meurent plus vite ou alors elles peinent à se développer. En France, nous n’avons pas la culture de l’économie. » Mais ça s’apprend.
Sur le fond, les lycéens n’apprendraient pas à créer une entreprise après le bac, mais l’option apporterait « un regard sur la vie de l’entreprise », explique le député socialiste. Droit, gestion, communication, commercialisation, comptabilité, ressources humaines ou encore marketing pourraient être au programme. « On peut ensuite imaginer la mise en place d’une simulation de création d’entreprise, avec l’intervention d’acteurs professionnels pendant les cours et dans le jury », poursuit le député UMP Jean-Charles Taugourdeau, contacté par europe1.fr
« C’est une idée surréaliste », réagit sur le site d’Europe 1 Daniel Robin, co-secrétaire du Snes, premier syndicat des enseignants du secondaire. « La création d’entreprise ne relève pas d’une formation au baccalauréat et de ses exigences, c’est hors objet, ce n’est pas le niveau », assène-t-il. La création d’une telle option « n’est pas à l’ordre du jour », indique le ministère de l’Éducation. Cependant, il souligne que le rapport annexé au projet de loi sur la refondation de l’école prévoit bien d’approfondir la découverte du monde professionnel dès le collège.
En effet, les deux députés veulent sensibiliser au monde l’entreprise « dès l’école primaire, avec les mini-entreprises ou la semaine École-Entreprise ». Ils n’ont pas non plus oublié les étudiants. Ils proposent d’« étendre l’expérience des pôles de l’entrepreneuriat étudiant aux élèves des universités et des IUT, ainsi qu’aux apprentis ».