Quil me soit permis ici de minsurger et de viser un cornichon patenté envahissant de plus en plus les centre-ville.
Depuis que jai repris le deux-roues, il y a un phénomène saisonnier auquel jai du mal à me faire, et qui me hérisse le poil de plus en plus souvent. Un phénomène qui touche le monde de la moto, mais pas les motards, enfin, nous, quoi ! (normal, on est tous des gens de bonne compagnie 8) !) Je veux bien sur parler de linvasion de nos plus belles terrasses de café par des troupeaux, que dis-je, des hordes de Kékés.
Ce terme, étymologiquement dérivé de « Cake », fait référence au vocable « tronche de cake », insulte gravissime dans les années cinquante, mais qui depuis, a légèrement pris un petit coup de vieux. Faire le cake, dans les années soixante-dix et dans le sud, signifiait en gros « se valoriser, se mettre en avant ». Par suite daltérations successives, le « cake » dorigine est devenu « kéké », en franchissant la Loire et en perdant laccent.
Bref, aujourdhui, ce terme désigne le « fomotard », extension non contrôlée de la grande famille des motards et qui ne figure pas dans lexcellent ouvrage de Bidault et Bar2, aux éditions Vent dOuest , jai nommé : « lencyclopédie Imbécile de la moto » et jencourage tous ceux qui ne lont pas à cavaler lacheter, ou de se le faire offrir. Disponible dans toutes les grandes librairies
Je men vais aujourdhui vous conter la mésaventure de Kéké, fomotard saisonnier, qui bien entendu et afin déviter tout problème ultérieur, nexiste que dans mon imagination. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence
Le Kéké, individu bariolé des couleurs les plus vives et dune moto hyper-bruyante, est donc un Fomotard. Généralement affublé d’un short et d’une paire de tongues (ou presque) il se trouve à 97% aux terrasses de café devant un demi, à 1% au feu rouge le plus proche, et les 2 % restant chez le radiologue, le kyné, les urgences, le commissariat Ne sortant que les jours de grand beau temps, vous ne le rencontrerez jamais lors dune journée grise ou pluvieuse, car il ne tolère pas leau, sauf dans son apéritif anisé, et encore, pas trop, car ça fait rouiller sa santé de fer Le Kéké se reconnait à lhypertrophie de son coude droit, non par le fait quil frotte souvent dans les virages, car un kéké ne penche pas, même dans les virages, mais le fait de lever le coude toute la journée et sappuyer au comptoir le reste du temps finissent par développer ses muscles de façon significative. Il essayera de vous faire croire que cest à force dessorer la poignée daccélérateur de sa machine, mais cela ne marchera quavec des néophytes.
Le Kéké est bourré (cest normal, il passe sa vie au troquet !) danecdotes plus ou moins véridiques, mais largement réactualisées.Afin dimpressionner les foules suspendues à ses lèvres, il raconte avec moult détails et trémolos dans la voix les bourres imaginaires et sanglantes quil a tiré avec ses potos que lon ne voit jamais au rade en même temps que lui. Les délits de fuites face aux forces de lordre sont tellement réalistes, que pour un peu, on entendrait la sirène des flics. Ses infractions sont tellement gravissimes que Mesrine passerait pour un enfant de chur. La fois ou il a largué la moitié des forces de police lancées à sa poursuite en weehlant à plus de 280 en ville, et lautre moitié en se planquant sous un pont (bon daccord, il sétait un peu loupé sur la trajectoire, mais quand même, un quart dheure dans leau sous la bécane en respirant par un pot déchappement arraché dans le choc, faut le faire, et cest pas à la portée du premier venu, tas quà essayer, toi :shock: ) il a eu de la chance de ne pas se fraiser. Il te le fait remarquer plaisamment lorsque tu lui proposes la rincette de son apéritif anisé, sil est onze heures et demie, ou une bière sil est 14h00, mais bien fraiche
Le kéké se doit dêtre célibataire, mais accompagné si possible de son pendant féminin, la Kékette, femelle du kéké, je ne sais pas à quoi vous pensiez :shock: , mais bon
Elle se doit dêtre jolie, décolletée du nord et stringué du sud, avec le tatoo qui va bien juste en dessous de lélastique 8) , si possible porter le même blouson que son Kéké, savoir reconnaitre leur moto à eux deux (pas fastoche, les motos de Kékés sont toutes les mêmes) et se taire en approuvant de la tête au récit de son mâle. Bref, la femme idéale, quoi ! La Kékette fera lobjet dune étude comportementaliste un peu plus tard dans la saison, lorsque jen aurais fini avec les kékés, mais il y a tant à dire
La bécane du Kéké est très bruyante, décorée de couleurs flashies, équipé dun tas de trucs inutiles et très cher, et pas toujours du meilleur goût. Pourquoi, me demanderez-vous ? Ben pour quon le remarque, dabord !!! Pis quon en parle, ensuite !!! Sinon, je ne vous ferais pas un tel roman, un personnage insipide ninspirant pas grand-chose .
Sa moto, Kéké la bichonne. Elle ne voit jamais la pluie, car ça fait rouiller les chromes (!!!) et kéké ne se déguisera jamais en motard étanche à laide dune immonde combarde de pluie où il ny a même pas un sticker de pub. Elle ne connaît pas le froid, Kéké ne sait pas quil existe des accessoires comme les gants dhiver en vente partout. De toutes façons, Kéké est frileux, à moins de mettre un Bombers doublé fourrure pour aller au rade le plus proche, il ne sort pas lhiver. Son canapé est bien plus confortable que la selle de sa belle, et la console de jeux remplace allègrement le guidon, et sil dispose dun jeu ayant trait à la moto, celui-ci lui fournira matière pour raconter les bastons titanesques à ses copains de comptoirs, qui eux aussi, préparent la saison dans leurs canapés, devant leurs consoles
Le verglas, Kéké ne connaît que ça. Mais celui dété, lorsquil a plu une nuit depuis le temps quil faisait si beau. Le verglas dhiver est réservé aux poireaux, selon Kéké, qui se servent de leur brêle pendant cette bête saison, ou les nanas sont emballées dans trente six couches de fringues. De toutes façons, Kéké ne prend pas de risque, ces jours-là, il sort sa meule et la pose devant chez Riton du Bar des Sport, ou chez Michel, celui qui tient le Corona. Le Balto, il ny va plus, cest mal fréquenté, y a que des Bikers, pis ils cognent secs, en plus !
Kéké est un maniaque du chiffon et du Belgom alu. Il passe le plus clair de son temps à peau de chamoitiser sa moto, et il est vrai quentretenir une moto neuve de cinq ans prend du temps. Pendant ce temps-là, elle ne prend pas de bornes, cest ça de gagné. Il ne faut pas déranger Kéké pendant cette opération. Le bichonnage est à lui seul un exercice physique, demandant concentrature et précision. Kéké ne veut pas de traces de polish sec sur ses jantes ou sa selle, alors, il frotte, frotte et re-frotte jusquà ce que sa meule pète le feu tellement ça brille. Si ça ne suffit pas il lenduira dun coup de silicones, ou mieux, de Téflon. Ca glisse un peu sur la selle, mais cest pas grave, il ne roule pas assez pour sen apercevoir. Fréquentant assidûment lEléphant bleu du coin de sa rue, il lui laisse une fortune en jetons, pour lui la station de lavage est un peu le bandit manchot du casino, sauf que là, il ne gagne jamais la cagnotte. Par contre, il a lestime du gérant de la station, qui lui raconte que lui aussi, quand il était jeune, avait une 350 Terrot et quil écumait les routes de sa belle province. Mais que là, il a plus le temps den faire, alors bon, on verra plus tard
Kéké rejoint ensuite sa base, le Corona. Michel le voit entrer, et lui jette un : « comme dhab ??? » auquel Kéké répond : « Ben ouais, on change pas une équipe qui gagne » et donc, Michel lui sert sa dose de jaunassou façon Pétrole Hahn (bien épais, bien gras). Les gars qui sont attachés au zinc admirent Kéké dans sa belle tenue de rebelle rejoint par la société de consommation. 8) Les lunettes (Ray-Ban) négligemment posé sur son crâne gominé lui donne une aura de presque-pilote de chasse revenant dune mission au dessus de terres hostiles. Seule, sa moto dément linformation : pas un moustique nest collé dessus, on croirait quelle sort de concession. Un des admirateurs tente bien une réflexion :
-tu dois pas la malmener, ta machine, elle est nickel !
-bah kestucrois, je fais gaffe au matos, moi !
-bah ouais, ça doit dépoter, un truc comme ça !
-bah deux cinquante, mais là jai fait poser un Kit Injector 10 000, pis un pneu Kitienbien à larrière, des plaquettes racing et des durits avia, pas que ça gonfle au freinage, pis jai collé une selle perso paske celle dorigine, elle glisse !
-ah ouais, elle est un peu bellotte !
-pis mon pot Sahurle, il déchire grave ! Tiens, écoute-moi ça !
Suit pendant une demie heure une séance de montées en régime et de ruptures, interrompue par un des voisin du Corona, le père Maurice, qui dit comme ça que si ça continue, il va appeler les flics, qui aujourdhui sont sourds, car dhabitude, ils sont là dès quune mouche pète de travers. Kéké coupe le contact et rentre en clamant que cest pas la peine de se fâcher, vu quil na rien dans les mains et que Maurice, à soixante piges passées, nest pas pourri. Le restant de la matinée sera calme, entrecoupée de « jte remet ça ? » de la part de Michel, auquel Kéké répond invariablement : « Ouais, ouais ».
Pas de potes qui passent, ce matin . Kéké est seul, mais entouré de ses admirateurs, alors ça le console un peu. Sur le coup de midi, Kéké se souvient de sa Kékette, qui lui a demandé de prendre du pain au passage. La boulangerie jouxte le Corona, mais il déplace sa meule quand même, naimant pas faire quatre mètres en arrière une fois le pain sous le bras. Lorsquil ressort de léchoppe, il enfile son casque, modeste réplique dun pilote hyper adulé, et monte sur son engin, quil emballe de suite, afin de bien prouver aux foules ébahies quil est prêt à partir. Après dix minutes de coups de gaz rageurs, kéké part en weehling sur lavenue. Il sarrête au feu rouge, sur un superbe stoppie, et ruine son amorto arrière à la repose. Quimporte, les spectateurs massés sur son passage sont émerveillés de tant de maîtrise . Fier comme Artaban, il va pour repartir, mais là, trois hommes en bleu jaillissent de la Mégane break aux flancs délicatement décorés de stickers bleu/blanc/rouge et du monogramme police . Cernant le pilote, ils commencent par lui demander de couper le moulin, quon sentende un peu, quoi Papiers, inspection du véhicule, tout y passe. A cause de son haleine un peu anisée, un des trois lui propose un récital de pipeau :shock: , et Kéké souffle comme un perdu dans le biniou, mais curieusement, aucune mélodie nen sort. Par contre, un écran à diodes rouges renseigne les toutenbleu . Et là, pas de bol, le fourbi dit que Kéké ne doit pas rouler, même à pied, vu quil est un peu défoncé sur les bords. Triste fin de mâtinée pour Kéké, qui se retrouve délesté de six points sur son permis. Mais ces salauds de keufs ne perdent rien pour attendre, dès quil la récupère, il tirera 12 000 tours dans lavenue Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge (on ne sait jamais ), histoire de leur prouver que ce ne sont pas des turpitudes administratives qui le calmeront.
Si je vous raconte celà, c’est d’abord pour vous faire sourire, et le pantin à qui cette mésaventure est arrivée ne nous lira pas. Mais je crois qu’en ce moment, nos amis les bleus en ont un petit peu après les bécanes. Résultats d’accidentologie mauvais, préfet irritable, toujours est-il que dans mon coin, ça prune féroce en ce moment. Moi, pour l’instant, ça va, mais moins il y en a et mieux je me porte
En tout cas, je remercie tous les kékés pour le déploiement de forces de l’ordre qui jumellisent à tout va lorsque la météo fait bonne figure. Ce qui me saoûle et a provoqué ce petit coup de nerfs, cest le fait que ces gens se prennent pour des motards et font une pub désastreuse aux autres motards qui eux, ne font pas les guignols. Nous sommes, dans limmense majorité, des gens responsables, qui roulent peut-être un poil plus vite de temps en temps, mais pas nimporte où non plus, et surtout où lon peut le faire. Le terrain de jeu du Kéké est la ville, pour la flambe et la base (le Corona) afin de se désaltérer entre deux exploits. Je connais des gens qui maîtrisent un poil mieux le sujet (les stunters) et qui ne font pas les clowns en ville, pourtant, ils pourraient se la pèter un peu plus et sans doute en étant moins dangereux. Je sais, je sais, je ramène ma science et je me prends pour un motard, mais ce que je vois aussi, cest quà chaque fois que lon discute moto avec des gens qui ne connaissent pas, ou peu, et que je propose un tour à quelquun, il ou elle me dit : « ouais, mais tu fais pas le c…, hein ! » signe que nous sommes tous pris pour des malades chroniques, ayant la bave aux lèvres et les yeux exorbités à lapproche du premier virage, qui se négocie comme il se doit sur les cales pieds qui raclent par terre Et beaucoup sont persuadés quune moto ne roule pratiquement que sur la roue arrière, la roue avant ne servant quà sarrêter aux feux. Merci donc encore une fois à tous ces pilotes en mal de circuit, et que votre route ne soit plus semée de ces immondes pièges à fric
PS : Moi aussi, je passe des heures à polisher ma bécane, à astiquer ma selle perso, on a des casques assortis, et pis mon blouson décoré d’un Nounours n’est pas forcément discret, je ne fais pas de ruptures, certes, mais jai bien dautres petites manies qui me vaudraient les sarcasmes de bien de mes potes (qui ne se gênent pas, dailleurs !). Alors oui, jen ai peut-être rajouté, mais pas tellement, et je pense que pas mal dentre vous auront remarqué ce phénomène déplaisant.
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[quote="Compte supprimé"]
Ah vi en effet ca a l air coquin !!! [:cyberjo]
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le cochon t'en fou partout sur le bureau :paf:
autrement quand tu veux apap mais ça dépend dans quel coin de la suisse tu es :d
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Par le Valais central
beuf pour le texte, c’est tellement ça :jap: (mais ils sont quand même facilement reconnaissable au profil de leurs pneus [:shy])
Edité le 24/06/2008 à 08:32
A oui juste une question, vu qu’y faut que j’ammene faire changer mon bout de caoutchouc dans la semaine, c’était déjà lesquelles les pneu, les 2CT ou les BT014 que vous aviez essayé, je sais plus :neutre:
Bon on va regarder les prix de tout ça et voir ce que ça donne…
Merci :jap:
Encore une question stupide, je sais que les pirelli ne supporte pas bien une gomme différente de l’avant que de l’arrière, c’est la même chose avec les michelin ou ça va encore (mon pneu avant peut encore tirer quelque km)
Ben en fait en y regardant de plus près que ce soit les BT016 ou les 2CT c’est le même prix à quelque près donc faut que je regarde encore savoir quoi faire…
Ouais, mais c’est quand même une sacré merde à choisir le bon pneu :grrr: y’a trop de choix :o
(on va mettre des macadam tient :paf:)
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[quote="chavroux"]
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[quote="Compte supprimé"]
Michelin, parce que nous le valons bien :o
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trop cher Bibendum :o
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oh bah monsieur roule en triumph peut bien se payer du michelin quand mayme :o
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bah s’il prend du Pirelli sport il aura bobo aux fesses vu qu’ils sont durs comme une pierre. Vashounet aime son confort :ane:
je fais bien celui qui s’y connait en gommes alors qu’en fait, non ? [:athena]
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Effectivement, j’ai des Corsa sur la mienne, peux te dire que c’est pas vraiment dur :paf: