Plein de choses intéressantes et beaucoup de sujets auxquels répondre. Plutôt que de rebondir point par point (ça pourrait être très long), je vais décrire mon contexte.
Comme dit plus haut, je travaille dans une ESN. A la base, le service info ne supporte que le tout MS (Azure, Autopilot, Win11 de base, Office3615, …). Je m’occupe du transverse sur un grand compte qui mobilise plusieurs centaines de prestataires. J’ai de tout en terme de couverture métier du référent technique qui connaît tous les octets de sa machine par leur prénom jusqu’au consultant qui installe les applications sur le bureau. En gros, je dois jongler entre une demande ultra pointu d’architecture logicielle jusqu’au « je clique, ça marche pas ». Donc, au final, j’ai configuré mon poste de travail en dual-boot Win11 - GNU/Linux pour avoir un maximum de possibilité d’intervention.
La sécurité
Le Linux est calé sur les mécanismes exigés pour les serveurs Unix du datacenter (certificats etc …). N’ayant pas de support officiel du service informatique de la boîte, j’ai fait l’impasse de la connexion AD (qui n’amène pas grand chose à vrai dire).
Côté chiffrement, j’utilise la partition bitlocker de la partie Windows pour stocker mes données de travail. Ceci me permet de ne pas avoir à synchroniser / dupliquer les fichiers quand je switch d’un OS à l’autre.
Activité de support
Un p’tit exemple, je suis amené à dépanner des personnes sous Win10 comme sous Win11 … dans un contexte technique « compliqué » : double VPN en mode poupée russe couplé à un fichier hosts bien custom. Le fait d’être sous Linux me permet d’avoir simultanément une VM Win10 et une VM Win11 à l’identique des autres postes de travail.
Teletravail
Dans ce contexte, le PC pro sous GNU/Linux devient un serveur NFS avec une carte réseau 2.5 Gbs. Je prends la main, avec un compte dédié au télétravail, sur mon PC desktop plus puissant (proc, réseau, …) lui même sous GNU/Linux également. Je monte mes liens NFS vers les données de travail sous bitlocker d’une part et vers les fichiers des VM afin de les utiliser sur le desktop d’autre part. Cela me permet de répartir les traitements sur 2 machines.
Activité des codeurs
Dans cette partie, les devs ont une grosse composante docker (kubernetes etc …) à gérer. L’approche Windows du sujet impose la démarche suivante : installation de WSL, montée d’une distro Linux, installation de docker, installation des couches de saindoux pour faire causer docker avec l’IDE Windows (Studio Code ou intellj) plus toutes les spécificités du contexte client … tout ça prend entre une demi-journée et une journée entière pour avoir un truc opérationnel. La fiabilité et les capacités de ce truc sont limitées et aléatoires.
Les devs qui ont basculé sous GNU/Linux ont ramené cette journée d’installation à moins de 5 minutes : intellij et Visual Studio Code (disponibles sous Linux) accrochent docker directement. Le plus long est le temps de download/install des extensions. Côté consommation de ressources, sous Linux, on charge docker 2 fois plus que sous Windows / WSL.
Ils n’ont pas à gérer les problèmes de format DOS / Unix, les gestionnaires de fichiers sont nativement compatibles avec GIT, SFTP (exit les filezilla et autres winscp), … Avec le serveur SSH, les échanges d’informations entre devs est beaucoup plus facile (scp, sshfs, ansible, …).
Pour la partie bureautique, Microsoft Edge est dispo sous Linux et donne accès à l’outlook / teams à l’identique des clients lourds Windows. Pour la partie tableur et traitement de texte, LibreOffice fait très la taf et surtout démarre BEAUCOUP plus vite qu’Office3615. Le seul point qui ne soit pas gérable proprement sous Linux c’est les slides (d’où les VM Windows qui ne me servent qu’à ça à vrai dire).