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Commentaires : Une IA décrypte les émotions dans les peintures célèbres, ses interprétations font sourire

Les logiciels d’intelligence artificielle s’intéressent régulièrement à l’art et au secteur culturel en général. Cette fois, des chercheurs de l’université de Stanford ont mis au point un algorithme capable de reconnaître les expressions et émotions qui se dégagent de tableaux.

« Ceux-ci pourront disposer d’un point de vue alternatif et s’assurer que leurs toiles auront l’effet recherché sur le public »

Je ne comprends pas l’envie d’uniformiser ce qu’on pourrait ressentir devant une toile, chacun a sa sensibilité, je peux très bien être sensible à une toile pendant qu’une autre personne ne le sera pas ou pour d’autres raisons… à priori si les gens en parlent même avec des avis différents le job est fait, il ne sera pas meilleur si tout le monde ressent la même chose ou comme l’IA l’aura perçu pour autant… Pour « éduquer une IA » je comprends le concept mais pour vérifier l’effet, je ne comprends pas l’idée.

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Les logiciels d’intelligence artificielle s’intéressent régulièrement à l’art et au secteur culturel en général.

Pourquoi ce besoin de donner une volonté à un tas de 0 et de 1?
Les logiciels ne s’intéressent à rien du tout, ils sont inertes.

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Moi j’attends le jour ou un artiste présentera un tableau, avec reconnaissance faciale, connecté à une base de données qui contient nos profils extrêmement précis, qui présentera à chaque observateur, et ce en même temps, une image avec des couleurs etc qui lui plairait à coup sûr !

Imaginez vous êtes entrain d’observer ce magnifique tableau à deux :

Vous : hmmm ce tableau me donne l’eau à la bouche (vous voyez une bonne carotte, c’est basé sur votre profil vrai, vous aimez les carottes).

Un observateur à votre droite : ah vous aussi vous aimez manger le caca ? Bienvenue au club !

:joy::joy::joy:

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Duchamp disait « Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que par l’artiste ».

De là à imaginer qu’une IA puisse devenir le regardeur de l’œuvre, c’est d’un ridicule. Regarder une œuvre c’est mettre en place éducation, culture, sentiments, vécu, pathos (au sens grec), inconscient, subjectivité…

Du ressenti proprement humain, ce que l’IA derrière ses 1 et 0 n’approchera jamais même de loin… Elle ne lit qu’une surface faites de traces et autres espaces colorés…

J’attends que cette même IA s’interroge sur « Le Penseur » de Rodin. Un homme tout nu faisant caca en poussant et attendant que cela soit terminé…

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Techniquement on est inerte aussi… notre cerveau est aussi fait de signaux électriques qui traitent l’information en fonction des circuits synaptiques crées suite à nos expériences passées et une certaine pré-configuration génétique. Nos émotions ne sont autres que l’interprétation de ces signaux par les synapses.
L’humain est très complexe, mais il n’a rien de magique.

Pour le coup j’aime bien imaginer le futur, mais ce coup là je n’y avais pas songé. Ca me fout les chocottes… vraiment pas envie de vivre ça

J’ai déjà essayé avec ce genre de réflexion pourtant pragmatique de faire comprendre que l’âme n’existait pas.
Pas toujours bien ressenti de l’auditoire. a ne pas placer n’importe quand. Ca en perturbe certains.

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Ce n’est pas une question d’âme ici…

C’est juste qu’un algorithme n’est simplement pas vivant, n’est pas intelligent, contrairement à ce qu’on nous assène à coup de IA à toutes les sauces.

Donc non, ce machin ne s’intéresse à rien du tout, c’est un homme qui lui fait ingurgiter des images, c’est un homme qui le programme pour lui faire sortir des trucs plus ou moins pertinents, sans l’homme derrière, il est et reste inerte.

Aux dernières nouvelles, personne n’actionne une manivelle pour que tu postes, à moins que tu ne croies en Dieu, auquel cas ta tirade sur l’âme s’écroule…

Quand on est mort, oui, là, je n’ai pas l’impression que tu sois inerte.

Et personne ici, à part toi, n’a parlé de magie pour ce qui est de la vie, qu’elle concerne un Homme, ou une bactérie.

Cette uniformisation des choses, des sentiments, derrière une IA qu’on voudrait nous présenter comme détenant LA vérité. Quelle plaie pour nos relations sociales.

Mona l’IA

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J’ai déjà essayé avec ce genre de réflexion pourtant pragmatique de faire comprendre que l’âme n’existait pas.
Pas toujours bien ressenti de l’auditoire. a ne pas placer n’importe quand. Ca en perturbe certains.

Ah ? Et comment vous expliquez la conscience ?

Pour rappel, on sait très bien expliquer l’intelligence, qu’elle soit naturelle ou artificielle. Elle repose sur une combinaison de neurones, de portes logiques ou d’algorithmes. Ou même de redstone dans Minecraft.

Mais la conscience, on ne connait aucun matériau, aucune propriété physique, aucun raisonnement scientifique capable de l’expliquer.

Oui, je sais, ça en perturbe certains :wink:

Cette uniformisation des choses, des sentiments, derrière une IA qu’on voudrait nous présenter comme détenant LA vérité. Quelle plaie pour nos relations sociales.

Pour ma part, je vois plutôt l’IA comme ce qu’elle est, c’est à dire un algorithme produisant une analyse selon un angle de vue donné.

La notion de « vérité » est par nature une vision restrictive qui consiste à penser qu’il n’existerait qu’un seul angle de vue valide.

Mais une fois qu’on a compris que ce n’est jamais vrai…

« Mais la conscience, on ne connait aucun matériau, aucune propriété physique, aucun raisonnement scientifique capable de l’expliquer. »

La conscience est la simulation que notre cerveau nous fait vivre, résultat de l’ensemble de nos sens et l’interface avec le monde. Et elle repose bien sur l’activité cérébrale. Prenez des drogues et votre conscience est altérée, prenez un choc à la tête et vous êtes inconscients. Il n’y a rien de magique dans la conscience et on ne peut pas la séparer d’un cerveau.

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Oui, et c’est bien là le problème avec l’IA. Il y a suffisamment d’intérêts en jeu qui vont pousser pour en faire la référence (donc la vérité) et nul doute qu’avec le temps et le perfectionnement des outils informatiques et technologiques, ça va être de plus en plus difficile d’y échapper.
Les intérêts en jeu tendent vers toujours plus d’automatisation pour rendre les outils informatiques encore plus incontournables. Et ce que montre l’article, c’est que malheureusement les émotions et sentiments ont déjà commencé à être catalogués. Mais ça n’est pas vraiment une surprise et surement pas le premier essai.

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La machine aura beau analyser les plus petites parcelles de l’œuvre humaine pour en tirer des phrases donnant l’apparence de la conscience, elle ne « ressentira » jamais les choses comme nous le faisons. C’est ce qui différencie fondamentalement l’esprit humain de l’ordinateur.

Nous ressentons les choses avant de les analyser, la machine ne peut que les mesurer puis les enfourner dans un appareil définitivement mécanique et binaire.

Le mot « sens » - petit mot incroyable ayant au moins 3 significations très différentes en français - est au cœur de notre expérience du monde. C’est ce qui alimente et motive nos pensées. Ce ne sont pas que des données mesurables fût-ce à l’infini par une machine programmée. Nos sens nous donnent le sens des choses et peut-être le sens de la vie (au sens de l’objectif)
Nos sens, qui dans les tréfonds nous font vivre les choses, sont peut-être les piliers de notre conscience.

Merci pour le retour. Sujet passionnant et sur lequel personne ne prétendra tenir la vérité je pense…
Pour la « manivelle », j’aurais simplement tendance à dire que c’est le même principe que la sève qui monte dans les arbres : plus clairement un système d’ascension capillaire et d’osmose (certainement un peu plus fin, mais c’est l’idée que je m’en fais).
La conscience, je l’aurais clairement rangée dans l’intelligence : l’idée de s’interroger sur le soi me semble le prolongement logique. Aujourd’hui la pseudo « IA » qu’on nous vend, et qui est déjà capable de certaines performances de type « autiste surdoué », en est totalement incapable.
Mais la notion de conscience n’était pas mon propos bien que le cheminement soit logique. On touche à une autre subtilité qui mériterait plus de discussion.

Je reviens donc simplement à mon propos initial
Comme je l’ai dit au début, je n’ai pas la prétention de dire comment ça marche, et je serais le premier ravi de me tromper si on me disais vraiment comment ça fonctionne.

Mais un des points qui me fait pencher dans ce que j’avance, ce sont les effets confirmés de certains traumas liés à des blessures physiques, ou certaines drogues : on peut obtenir un changement radical de personnalité, comme l’emptahie.
Ca semble valider qu’un changement de conduction de circuits (physique pour la blessure, chimique pour la drogue) conduit à un changement radical de personnalité. Hors on défini en général la personnalité d’une personne comme son âme : c’est à dire son fonctionnement le plus profond, celui que l’éducation n’altère à priori pas.

Encore une fois question passionnante : personne n’a trouvé l’explication même en cherchant depuis des siècles : je doute qu’on la trouve sur Clubic ce WE de Pacques. Mais échanger est toujours enrichissant.

Je pense qu’associer conscience et intelligence est une erreur. Nous ne sommes certes pas aidés par la SF qui depuis longtemps entretient une confusion entre sens et données, conscience et calcul. Cette confusion cache mal notre incapacité à caractériser par des mots notre expérience sensuelle du monde, malgré toute l’évidence et toute la force de notre intuition. Nous « savons » ce que goûte le chocolat, ce n’est pas qu’une information, nous en faisons l’expérience en mangeant. Nous le vivons.

L’informatique, en tant que pratique de manipulation automatique de données, a plus de 200 ans (cf. machines à cartes perforées). Elle n’intègre pas, et sera à jamais incapable d’intégrer cette dimension nichée au cœur de la nature humaine sans une compréhension et un changement paradigmatique que rien aujourd’hui n’annonce.

Je ne pense pas que nous ayons à recourir au concept de l’âme dans cette réflexion. (même si je comprends tout à fait pourquoi on peut s’y rapporter et j’y reste ouvert)
La conscience ainsi que nous l’avons « définie » prend bien racine dans notre cerveau, interface neurale ouvert sur le monde. Ce n’est donc pas choquant que des traumas ou des drogues ayant des effets sur le cerveau puissent influer sur la conscience et la personnalité d’un être.
A ce propos, la personnalité ne me semble pas monolithique. Elle évolue parfois profondément au gré de nos expériences bonnes ou mauvaises. S’il existe une âme humaine, celle-ci grandit de notre expérience sensuelle du monde.

Je ne vous suis pas et je reste persuadé que l’âme existe réellement pour ceux qui y croient…