Commentaires : Un technicien IT migrait des parcs Windows sans formation dans une banque, la justice remet de l'ordre

Le technicien support d’une ESN a déployé et migré des postes Windows pendant deux ans dans un grand groupe bancaire sans avoir jamais été formé à ces systèmes d’exploitation, avant d’être licencié. La justice s’est penchée sur son cas.

https://clubic.com//actualite-608638-un-technicien-it-migrait-des-parcs-windows-sans-formation-dans-une-banque-la-justice-remet-de-l-ordre.html

Perso j’appelle ça du foutage du gueule de la part du salarié qui clairement avait un problème avec sa société (salaires faibles et heures sup non payés je suppose vu qu’il s’agit d’une ESN) . Il n’y pas besoin de formation pour installer windows 10 ou 11 quand on sait installer windows XP… Et un tech qui a une formation linux sait parfaitement installer du windows car il a certainement commencé par ça.
Le congé de formation personnel j’ai déjà vu ça dans mon entreprise. Le gars revient avec un bourrichon gros comme une pastèque et demande 50% de plus sur son salaire et un poste supérieur parce que vous comprenez maintenant il a un master sauf que ça ne fonctionne pas comme ça.

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Un peu ridicule, il n’a pas eu de formations là dessus tout simplement parce que c’est son métier pour le qu’il il a étudié. Quelqu’un qui décroche un Master en administration système et réseau est largement en mesure de migrer des ordinateurs Windows!
C’est comme si on reprochais à un hôpital de ne pas avoir formé un médecin sur les maladies qu’il traite!

Euh, tu sais que quand on a un métier, il faut continuer à se former pour se maintenir à jour ?

Un diplôme d’il y a 30 ans ne donne pas les connaissances pour gérer un système d’aujourd’hui…

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Tout à fait, avec mon MCSE Windows NT4 à l’époque je me suis trouvé fort dépourvu à la sortie de Windows 2000 :slight_smile:

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Alors, dans le cas présent, je rejoins les commentaires précédents, si tu sais installer Linux, tu sais installer Windows.
Si il s’agissait de tâches basiques, ça « passe »
Après, si il fallait exécuter des commandes PowerShell ou bien maitriser des tenants et aboutissants technique que l’on apprends lorsqu’on se forme sur l’administration Windows avancée type MCSA ou MCSE, c’est différent et je peux partager l’avis du technicien qui migrait les parcs.
Dans l’absolu ; une entreprise attend un bagage technique sur un poste donné, oui, mais doit aussi s’assurer de votre formation professionnelle au fil du temps et surtout lorsque que ça concerne vos tâches habituelles ; mais la formation professionnelle est un boite de pandore que nombre d’entreprises se gardent bien d’ouvrir (il faut se payer des formations pour son job mais avec son CPF ou alors on vous paye une formation mais vous devez la regarder en même temps qu’une journée normale de travail car on ne va pas vous détacher pendant une semaine dans un organisme de formation…)

Certains commentaires ici semblent ignorer la réalité du terrain en ESN (souvent sous convention Syntec) et les obligations légales qui vont avec. On ne parle pas d’installer Windows sur le PC de sa grand-mère, mais de migrer le parc d’un grand groupe bancaire. Entre les protocoles de sécurité, les scripts spécifiques et les GPO, c’est un autre métier. Prétendre qu’un diplôme d’il y a dix ou vingt ans dispense l’employeur de former ses troupes est une erreur juridique totale. Le Code du travail est pourtant clair : c’est à l’employeur d’assurer l’adaptation du salarié à son poste et de maintenir son employabilité.

J’ai moi-même connu cette dérive où l’on exige des techniciens qu’ils s’auto-forment sur leur temps libre sur des sujets aussi complexes que la cybersécurité ou le RGPD, sans aucune documentation ni reconnaissance. C’est une gestion court-termiste et toxique. Quand un employé pousse l’effort jusqu’à passer un Master en étant en CDI, c’est un investissement massif qui devrait logiquement mener à une revalorisation de sa classification et de son salaire. L’ignorer, c’est simplement du mépris pour la montée en compétence.

En tant qu’ancien salarié d’ESN ayant subi des conditions déplorables, entre changements d’horaires imposés du jour au lendemain et pressions constantes, je trouve sain que la justice rappelle l’ordre de marche. Envoyer un technicien sans supervision ni formation sur une mission critique, c’est un manquement de l’entreprise à son obligation de conseil envers le client et à son obligation de formation envers le salarié. Pointer du doigt le « manque de compétence » pour licencier après deux ans de silence, c’est surtout un aveu de mauvaise gouvernance managériale. Le lien de subordination implique une responsabilité : si l’employeur ne donne pas les outils, il ne peut pas reprocher l’échec.

L’analogie avec le médecin est fallacieuse : un hôpital vérifie les accréditations de ses médecins et les forme aux nouveaux protocoles. En informatique, on exige trop souvent une auto-formation sur le temps personnel (cybersécurité, RGPD, OS) sans aucune contrepartie. Il est sain que la justice rappelle que le lien de subordination implique une responsabilité de l’employeur sur la compétence de ses équipes.

PS : Pour l’anecdote sur la « bienveillance » de ces structures, ma dernière ESN s’est terminée par une rupture conventionnelle où l’on m’a imposé (illégalement) de ne pas porter plainte pour le harcèlement moral subi. J’ai signé pour ne pas me lancer dans des années de procédure et enfin avoir la paix. Résultat ? Mon employeur suivant me doit aujourd’hui 4 mois de salaire, et malgré une prise d’acte et un jugement en ma faveur, je n’ai toujours rien touché. « Elle est belle la vie » dans l’IT quand on tombe sur des boîtes en roue libre. Dans l’informatique, la probabilité d’être confronté à de graves dérives plusieurs fois dans sa carrière est extrêmement élevée.

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En effet ; c’est une réalité et je ne peux que partager votre opinion , il est sain que la Justice fasse une bonne piqure de rappel

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Mais bien sur !
Encore un gars qui regarde ça de haut.

  1. Tu simplifies trop la réalité technique
    Tu dis en gros : “installer Windows = compétence de base, pas besoin de formation”.
    Le problème :
    Tu confonds installation individuelle chez toi et déploiement industriel.
    En entreprise (surtout banque), ça inclut :
    images systèmes (WIM)
    déploiement réseau (MDT, SCCM, Intune)
    gestion des politiques (GPO)
    sécurité, chiffrement, conformité
    Donc ton argument est techniquement fragile : il minimise un vrai métier.

  2. Tu fais un procès d’intention
    “il avait un problème avec sa société… salaires faibles… ESN…”
    Là, tu bascules dans la supposition pure :
    Rien ne prouve que c’est le cas
    Tu introduis un biais idéologique (anti-ESN implicite)
    Résultat : ton argument perd en crédibilité, même si ton intuition est peut-être vraie.

  3. Tu mélanges compétence et cadre légal
    “pas besoin de formation”
    En pratique :
    Ce n’est pas toi qui décide, c’est :
    le contrat
    la fiche de poste
    les obligations internes
    Même si la compétence est “simple”,
    l’entreprise peut exiger une formation officielle (compliance, sécurité, process).
    Donc ton raisonnement ignore une dimension clé : le juridique / RH.

  4. Ton exemple du “master + 50%” est hors sujet
    C’est le point le plus faible.
    Pourquoi :
    Tu compares une revendication salariale
    avec un licenciement pour faute / incompétence / refus
    Ce sont deux logiques complètement différentes
    Ça donne une impression de :
    frustration personnelle projetée
    argument émotionnel, pas rationnel

  5. Tu sous-estimes la spécialisation Linux vs Windows
    “un tech Linux sait forcément faire du Windows”
    :point_right: C’est partiellement vrai… mais :
    Beaucoup de profils Linux sont très faibles en environnement Microsoft corporate
    Active Directory, GPO, Azure AD, etc. → ce n’est pas “basique”
    Tu pars d’un profil “généraliste idéal” qui n’est pas la norme.
    :axe: Conclusion franche
    Ta réponse :
    a une base intuitive compréhensible,
    mais elle est :
    trop simplifiée techniquement
    biaisée par des suppositions
    affaiblie par un exemple hors sujet
    incomplète sur le cadre légal

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Non seulement juridique, mais aussi technique.
Je commence à avoir un peu de bouteille. A l’école, j’avais une spécialisation télématique. Je ne suis même pas certain que ceux qui lisent ce commentaire savent encore ce que veut dire ce mot. Aujourd’hui c’est quasiment du vieux français.

Très bon commentaire.

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C’est surtout le gars qui demande à installer du Windows pour des applications qui demandent un minimum de sécurité et/ou qui manipulent des données personnelles qui devrait être viré pour incompétence ou corruption selon ce qui a motivé son choix.

Autant je pense qu’il faudrait souvent former les techniciens qui se croient compétent parce qu’il ont restauré un Windows chez mamie (et que pour rejoindre certains avis: le mode entreprise est extrêmement différent du mode chez soi, et ce dès windows 3)…
Autant je regrette que la compétence soit lié à une formation - qui est souvent extrêmement limitée au monde des bisounours. Le technicien a bossé des années, il a donc accumulé de l’expérience, qu’il a voulu sanctionner par une certification admin réseau et système et n’a certainement pas été reconnue.
En gros: l’ESN a peut-être voulu profiter de sa « non qualification » sur le papier sans reconnaître son expérience et ça a fini par clasher. Je le sens comme ça.

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Idem pour les développeurs

Tu fais du Java ? Oh ben tu devrais t’en sortir en Python, on te met sur la mission sans aucune formation du langage, demmerde toi, on est une ESN, on a des marges à respecter avant tout le reste

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C’est le problème de fond dans l’IT : le décalage total entre les exigences délirantes des entreprises et ce qu’elles sont prêtes à payer. On cherche systématiquement le « mouton à cinq pattes » (Surtout en province ou c’est la foire) : un admin sys complet qui maîtriserait déjà des outils ultra-spécifiques (SAP, AS/400, etc.) comme s’il était né avec.

Même un expert ne peut pas tout connaître. Rejeter un profil RSI solide sous prétexte qu’il n’a jamais bossé dans la grande distribution est une absurdité totale. Les protocoles, la sécurité ou la virtualisation ne changent pas d’un secteur à l’autre ; une personne compétente, c’est avant tout une personne qui sait s’adapter.

L’hypocrisie est partout. J’ai passé un entretien pour un poste de RSI où l’on exigeait soudain une expertise pointue en cybersécurité, alors que ce n’était même pas dans l’annonce. Un vrai pro de la cyber ne travaille pas pour 40k€.

Pour l’anecdote, j’ai même vu une offre à 30k€ demandant de cumuler les rôles de RSI, développeur, gestionnaire e-commerce et administrateur web. On veut quatre métiers pour le prix d’un junior.

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Oui ; je me souviens de la fin de mes études il y a 15 ans où on nous annonçait des salaires de début de carrière en administration système et réseau à 50K€ brut ; on est loin de la réalité… (et tjs loin de ça pour moi 15 ans après (sic))

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Ha oui ça … c’est du courant. Les gars sortent de l’école et ils pensent qu’ils vont manager des équipes de 10 personnes, travailler sur des projets de fou et être payer 50 / 60 k. Je ne sais pas dans les écoles d’où ils sortent ces chiffres et surtout…ça me fait dire que très souvent les écoles ne sont pas en phase avec la réalité du marché IT :thinking::thinking::flushed:

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Bien sûr que si.
Une partie de ceux qui lisent ton commentaire ne sont plus des lapins de six semaines. :sweat_smile:

J’ai d’ailleurs monté il y a plusieurs semaines (c’est à dire soudé les composants :sunglasses:) un ordinateur homebrew 8 bits (la conception n’est pas de moi par contre) conçu pour afficher sur un Minitel. :laughing:

Merci pour ton commentaire

Bonjour,

Pour répondre à certains commentaires et donner des précisions sur l’article.

La procédure a été déclenché par le salarié avant le licenciement par l’employeur pour une résiliation du contrat de travail au tord de l’employeur.

La raison évoquée était un prêt de main d’oeuvre illicite et délit de marchandage. Mise à disposition à la banque, donneur d’ordre par la banque, encadrement de stagiaire, formation de salariés interne, intégration dans une équipe interne avec des personnes qui faisaient le même travail, mais une différence de salaire importante, 28k au lieu de 38-40k et une convention moins avantageuse.

Quelques mois après le lancement de la procédure, le salarié a été licencié pour faute grave par l’employeur pour des absences sans pour autant en apporter la preuve. Mais le faite que le salarié (en fait l’avocat qui n’a pas contesté) le juge a estimé que c’était réel, en réalité seule une absence 1 heure avant la fin de journée a eu lieu pour que celui-ci se rende à un entretien d’embauche.

A noté aussi, après sa tentative d’embauche par le client, celui-ci ne s’était plus vu proposé de mission et servait uniquement de backup en cas de maladie, soit plus que 3 à 6 jours de travail par mois pendant 6 mois. Une mise à l’écart de l’employeur est évoqué.

Le salarié avait 11/12 ans d’ancienneté au sein de l’ESN et n’avait pas eu de formation par l’employeur pendant les 12 ans.

Le juge n’a pas retenu le prêt de main d’oeuvre illicite sous prétexte d’un intitulé de poste différent, sans retenir que la fiche de poste du salarié interne était identique aux tâches du salarié.

Le juge n’a pas semblé anormale que le salarié ne s’est pas vu proposé de formation pendant 12 ans par l’employeur.

Le juge n’a pas reconnu la mise à l’écart du salarié

Le juge a cependant estimé qu’il ne s’agissait pas d’une aute grave mais d’un licenciement pour cause réelle et sérieuse.

Je pense qu’il est préférable de compléter l’article par la lecture du jugement avant de se faire une idée :slight_smile:

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