Je ne dis pas que c’est rigoureusement impossible. Mais franchement, en France, c’est compliqué… Perso j’ai jamais dépassé les 100 km/h de moyenne sur un trajet, et d’ailleurs, quand on fait une simulation de trajet « réaliste » (ie pas de péage à péage…) dans Google Maps, il est rare qu’il fasse une estimation de temps correspondant à nettement plus de 100 km/h de moyenne sur un long trajet. Et en tout cas, ça reste très loin des 130… Même sur un Lille-Marseille de 1001 km dont 998 d’autoroute, il prévoit à peine 105 km/h de moyenne… Sur mon trajet fait à 94 de moyenne, il prévoit 95.
Et tu as que 7 km/h de différence entre le max et la moyenne, mais ton max n’était pas à 130 km/h justement… Forcément quand ton max est à 108, les camions roulant à 100 ou à 90 plombent beaucoup moins ta moyenne que quand ton max est à 130… Accessoirement ton trajet a pas l’air comparable à ce qu’on a en France et en Europe (où on a une densité de villes plus importante et des autoroute moins rectilignes), parce que avoir seulement 25 km limités à moins de la vitesse maximale nationale (130 dans la plupart des pays européens) sur 1200 bornes, t’as peu de chances de trouver ça en Europe… Or forcément, t’as plus de chances d’arriver à une moyenne proche du max absolu si tu as que 2% du trajet qui est limité à moins que ce max que si tu as 20% du trajet limité à moins que le max…
Et les batteries, c’est aussi du stockage qui peut être rempli en heures creuses.
Sauf qu’avec le rendement plus faible de l’hydrogène, faut produire 2-3 fois plus d’électricité pour arriver à faire le même nombre de kilomètres… Donc si tu crois qu’on ne saura pas produire assez d’électricité pour rouler en VEB, alors on ne pourra à fortiori pas en créer assez pour rouler en VEH…
Mais RTE pense qu’on y arrivera sans grande difficulté, sans charbon et même en réduisant notre production nucléaire : RTE prévoit qu’en 2035 on pourra produire 185 TWh de plus par an avec des EnR (et avoir des voitures en charge facilitera ça, en permettant de moduler la demande d’électricité en fonction de la production, puisque la production EnR est en grande partie non pilotable), 75 TWh de moins avec le nucléaire, tandis que les VE consommeront d’ici là environ 50 TWh (pour 40% du parc automobile). Ce qui permettra du coup en prime d’exporter 60 TWh excédentaires supplémentaires.
Bah d’ici à 2035, les voitures H2 seront encore moins intéressantes hein… Les batteries vont progresser en capacité, la recharge rapide sera massivement disponible. Que restera-t-il aux voitures H2 pour justifier leur complexité, leur coût, leur manque d’habitabilité et leur consommation 3 fois supérieure ?
Y a à peu près plus personne, et en particulier chez les constructeurs automobiles, qui croit à l’avenir de la VEH en dehors de quelques niches… D’ailleurs, c’est même ce que dit l’article que tu cites sur l’investissement dans l’H2 au Canada (ça serait bien de lire avant de donner les liens, ça t’éviterait de donner des sources qui contredisent ton propre discours) : « l’hydrogène apparaît de plus en plus comme une solution pour des secteurs où, justement, on n’en a pas vraiment. Un bon exemple, selon lui, c’est le transport lourd, comme les camions, les bateaux ou les avions, où il y a des limites à ce que les batteries électriques peuvent faire. […] On n’a pas forcément besoin de l’hydrogène pour les véhicules légers, croit Benjamin Israël, de l’Institut Pembina. Pour les voitures personnelles, ajoute-t-il, on a déjà plein de modèles électriques sur le marché et toute une infrastructure de bornes de recharges qui est en train de se mettre en place. C’est beaucoup plus intéressant, d’après lui, pour le transport de marchandises ».