Je cite le dernier paragraphe de cet article : "En revanche, 2026 peut très bien marquer autre chose qu’un grand renversement, à savoir l’année où Linux cesse d’être un choix militant pour devenir un choix normal, une option qu’on envisage sans se raconter une histoire, parce qu’elle colle davantage aux usages réels et qu’elle demande moins de concessions qu’avant. "
J’entends en sous-entendu plusieurs généralités. Pour moi, il y a plein de choses qui ne vont pas. Pourquoi un choix « militant » serait à éviter ? Pourquoi il ne serait pas « normal » ? Qu’est-ce que la « normalité » ?
Et le plus problématique de ce qui est sous-entendu : « les linuxiens sont anormaux ». C’est un sous-entendu très problématique. « Les linuxiens » est une essentialisation, donc on frise le racisme. Et sont « anormaux » → pareil.
Ce n’est pas une attaque, mais si ça me permet de faire le pont afin d’expliquer comment en réalité un informaticien volontaire qui rend service (souvent gratuitement) à d’autres y compris sur Windows, et se fait prendre de haut y compris par des connaissances proches quand il parle des avantages de Linux, pardon mais le débat qui fait croire que le mépris viendrais « d’un côté », je suis estomaqué. Je n’ai jamais ressenti autant de mépris.
Au final, à lire les commentaires, le dernier paragraphe est tout à fait représentatif d’un certain « état d’esprit » puisque personne n’a relevé en commentaire, et peut-être d’une certaine ambiance politique à l’échelle nationale.
Les linuxiens ont un problème et il m’arrive de le reproduire aussi : c’est inciter les autres à utiliser Linux comme ils le font eux-mêmes comme s’ils ne veulent pas rester isolés dans leur monde. En tout cas ils peuvent finir par agacer par ce qui paraît être un refus de la différence de l’autre avec tout ce militantisme idéologique.
J’ai certainement quelque chose d’anormal mais en bien. A la fin de mes études en 1998, diplôme assuré, un ami ex étudiant en Physique nucléaire voulait installer RedHat Linux 5.0 chez moi pour me montrer.J’ai accepté tout curieux et on y a passé la nuit pour l’installation avec la doc imprimée. L’interface était vraiment austère mais j’ai continué de l’utiliser et à vouloir apprendre à mieux le maitriser. J’ai appris à changer les bureaux pour CDE puis AfterStep, Window Maker et KDE beta3 et j’étais de la partie, prêt à échanger avec les autres sur internet. Ma petite amie ne devait pas me trouver normal à aller sur l’ordinateur en pleine nuit pour compiler des trucs. Elle ne m’a jamais reproché cela
Pour moi, il y a plusieurs clefs et plusieurs freins.
Pour que Linux progresse, il faudrait déjà qu’il soit adopté en masse par des administrations et des entreprises. Ca créerait un « choc de masse » et ancrerait de nouvelles habitudes que le particulier adopterait. C’est pas demain la veille. Mais ça serait je pense un point de bascule.
Il faudrait aussi, et l’article le souligne très bien, qu’il soit « durable » au sens de un l’expérience utilisateur. Au quotidien et pour des usages basiques, ça marche sans souci. Je l’ai installé sur des ordis dans la famille, et ils sont dessus depuis des années sans s’en plaindre. Mais hormis des mails, du Web, des photos et occasionnellement une lettre à taper, ils ne font absolument rien d’autres. Mais on peut passer des mois sans souci et se retrouver du jour au lendemain face à un mur. Pour qui installe régulièrement de nouveaux outils/jeux, c’est inévitable. Je prends mon exemple personnel. 2015 : je me mets à World of Tanks. Gros bazar, mais avec persévérance, ça marche à peu près. A l’époque Office 2010 passait assez facilement avec Wine/Playonlinux. RAS. Puis viens un jour où je veux installer un nouveau programme. Ne marche pas du tout. Sur WineHQ, il est garbage.
2026 : je joue depuis plusieurs années à PUBG. Ce programme ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais sur Linux à cause du système anti-triche. Office 365 desktop : marche pas. Obligé d’utiliser Winapps (donc avec une VM Windows…) à l’intérieur. Mais toujours obliger de dual-booter
A la longue, le dual-boot n’est pas une solution. Je dirais, et c’est paradoxal, surtout si 90% du catalogue fonctionne (c’est mon cas sous Steam, PUBG est le seul qui ne marche pas). C’est encore plus frustrant.
Alors je persévère, mon fixe est sur dual-boot, mon portable est sur Kubuntu seulement, avec quelques programmes windows « encapsulés » via Winapps. Mais je ne pense pas être représentatif.
Je suis le seul à entamer ce type de démarche dans tout mon entourage. Je suis le 3%.
Alors voilà, j’ai mon dual boot
Le mieux c’est de ne pas essayer de faire fonctionner sous GNU Linux des logiciels dont l’éditeur fait tout pour empêcher le fonctionnement correct sous GNU linux…