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Commentaires : Le crunch : retour sur un mal qui ronge l'industrie du jeu vidéo

Longtemps passé sous silence, le crunch commence peu à peu à s’inviter dans l’actualité. Derrière ce terme se cache un mal qui gangrène de nombreux studios de jeu vidéo à travers le monde. Nous allons donc tenter d’y voir plus clair sur cette pratique qui a de lourdes conséquences sur celles et ceux qui fabriquent des jeux appréciés par des millions de joueurs.

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Ouf on l’a échappé belle … heureusement que vous avez rajouté cette phrase sinon tout le contenu de l’article tombait à l’eau en ce qui me concerne même si chacun ne voit midi qu’à sa porte c’est bien connu :

… " C’est une évidence, d’autres corps de métier sont confrontés à des problématiques similaires. Mais dans le cas du jeu vidéo, nous avons affaire à une industrie encore très jeune et dans laquelle il est toujours possible de faire évoluer les mentalités plus facilement " …

Quant à la jeunesse de l’industrie nous parlons d’une cinquantaine d’années et oui " déjà " … donc bon mouai disons jeunesse si ça vous arrange dans votre propos.

Pour faire simple cette soit disante technique vieille comme le monde c’est simplement une façon de dire que je mets la pression sur mes sous-fifres point à la ligne il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. Les décideurs ont eux mêmes la pression de leurs propres décideurs qui eux mêmes ont la pression des actionnaires qui eux mêmes ont la pression du gains et du retour sur investissements et de la concurrence du marché etc … c’est pourquoi j’ai commencé par dire ouf car TOUS ce qui mène à votre CRUNCH est juste monnaie courante dans le mondes des affaires depuis la nuit des temps !

On peut crier au scandale car il faut sortir un produit plus ou moins fini pour commencer à occuper le marché et amasser de l’argent mais je ne vois pas ce qu’il y a de vraiment nouveau dans tous ça ? C’est vrai on parle d’une industrie de jeux donc compris par le commun des mortels comme plaisir / loisir / détente … je peux donc comprendre que ces termes là sont mal venus dans ce type d’univers mais personnellement je ne vois rien de vraiment nouveau et choquant dans cette technique que nous ne connaissions déjà depuis des siècles dans bien d’autres domaines d’activités.

Pourquoi ne parle t on pas de CRUNCH lors des périodes de fêtes de noêl pour les vendeurs de jouets - de magasins - etc … obligé s de travailler de longues journées et pendant les week-ends au vue de l’activité élevée durant cette période ? Pour moi c’est le même principe …

Dès lors que TOUT reste dans le cadre des règlementations je ne vois pas bien ou est le problème avec cette technique : il y a des recours multiples pour les salariés si abus surtout en France …

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Je n’ai jamais compris l’argumentation : « C’est pareil dans tous les milieux donc ça sert à rien d’en parler ».

Déjà, nous sommes sur Clubic, un site d’actualité qui traite principalement des nouvelles technologies et des jeux vidéo. Donc il est plutôt normal de réserver nos différents contenus sur ces sujets. Et oui, d’autres métiers sont concernés par des problématiques similaires mais ce n’est tout simplement pas à nous d’en parler.

Ensuite, le crunch dans le jeu vidéo est un sujet très récent. Personne n’en parlait il y a 4-5 ans. Donc c’est aussi à titre informatif que nous avons réalisé ce dossier. Le terme est encore méconnu par celles et ceux qui ne suivent peut-être pas l’actualité JV au quotidien.

Cela permet aussi de rappeler plusieurs affaires (Rockstar, Naughty Dog…) mises en lumière ces derniers mois. Enfin, c’est avant tout un sujet d’actualité qui tend à démontrer que, contrairement à de nombreuses croyances, ce n’est pas forcément une partie de plaisir de créer des jeux vidéo.

J’espère avoir été clair dans mes intentions et je pense que l’article ne repose pas uniquement sur le passage : « d’autres corps de métier sont confrontés à des problématiques similaires ».

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Ce genre d’arguments me fait penser aux gamins quand ils se font piquer le bras dans le pot de confiture : « Mais mon copain il le fait aussi ». ane

Le fait de dire que c’est généralisé permet tellement de « légitimer » cette pratique c’est fou …

Dans aucun boulot, il ne devrait y avoir de « crunch », sauf cas très exceptionnel (intervention en urgence justifiée, etc …), mais certainement pas pour livrer un produit pour lequel la date annoncée a été fixée par les commerciaux sans tenir compte de la réalité du terrain, etc …
(Ceci n’est évidemment que mon humble avis).

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Faut dire qu’aujourd’hui les jeux sont de plus en plus visuellement époustouflant et d’un point de vu technique, c’est pas en quelque jours, a 35 heures la semaine qu’on arrive a de tels résultats. L’industrie du jeuxvideo est quand meme assez complexe. Peux etre d’autres le sont plus, mais l’aspect crunch ne doit pas exister parceque voudriez vous voyager dans un avion qui a été rush pour le sortir a temps?

Maintenant est-ce que ca vaut le coup de plomber la santé mentale et physique des développeurs pour un jeu dont les joueurs l’auront torché en 20 heures et de toute facon toujours des trucs a redire dessus?

Un autre problème aussi, c’est qu’un jeu est souvent rentable les 6 premiers mois, après quelques pics particuliers (chute de prix, promo fin d’années…) et il faut donc enchainer le prochain projet pour gagner de l’argent.

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je ne travaillais pas dans l’informatique mais j’ai ete amene a aller dans les boites informatiques en tout genre, je crois que dans la majorite des cas, disons si il y a un groupe de developpeurs, le chef lui n’est pas developpeur.
je crois aussi que tant que l’on fait la course a faire plaisir au developpeur plutot que la qualite du travail ou du lieu de travail, ce n’est pas pret de changer.
Paradoxalement j’ai ete dans des boites pourries ou les gens ne voulaient pas partir et se plaignait tout le temps et dan les boites ou on laissait un relative liberte on n’hesite pas a te remplacer.
sortir des produits qui ne sont pas finis, ou avec des pratiques scandaleuses on a rale depuis les annees 2000, si 20 ans plus tard on n’a pas encore compris que les menaces des joueurs et les pretendus boycott sont des pets dans un slipen chanvre - cet angle a deja ete aborde et ne change rien.
« pourquoi ne parle t on pas du crunch de noel » ect, parce que c’est un nouveau terme a la mode, precedemment on disait sans doute rush.

l’article etait sympa mais je ne sais pas pourquoi on en fait tout un foin a part de cyberpunk, l’exemple est pas si terrible bosser 6 jours par semaine pendant un mois - boaf y’a pire ca ne fera pas pleurer dans les chaumieres

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C’est vrai « dans aucun boulot il ne devrait y avoir de Crunch » :wink::wink: mais en même temps c’est monnaie très courante notamment dans l’informatique d’une manière générale. Le problème reste le même des délais a tenir, différents acteurs a gérer, des problèmes a résoudre le plus rapidement possible et avec le moins de ressources possible pour ne pas exploser les budgets :roll_eyes::roll_eyes: … Et ne parlons pas bien sûr des incidents de production ou la c’est la folie…La différence avec les jeux vidéos c’est , comme c’est dit dans l’article, que c’est une industrie jeune et de loisirs qui fait face aux mêmes défis que les secteurs plus anciens avec beaucoup plus d’impact économique… Pas sûr malheureusement que dans une économie telle que la nôtre ou le consommateur est roi ça s’arrête de si tôt :thinking::thinking:

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Dans aucun boulot, il ne devrait y avoir de « crunch », sauf cas très exceptionnel (intervention en urgence justifiée, etc …), mais certainement pas pour livrer un produit pour lequel la date annoncée a été fixée par les commerciaux sans tenir compte de la réalité du terrain, etc …
(Ceci n’est évidemment que mon humble avis).

J’approuve totalement.

Il faut rappeler que la vie privée, c’est primordial pour l’équilibre psychologique.

Et cela pas simplement pour la personne qui travaille, mais également pour le conjoint et les enfants. L’enfant a besoin de la présence de ses parents. Des parents absents, cela implique des conséquences futures, parfois catastrophiques.

Bien sûr, il peut exister des cas d’urgence qui justifient parfois ce mode de travail. Par exemple quand il y a des vies à sauver pendant une catastrophe naturelle de nature exceptionnelle.

Mais sortir un énième produit commercial qui n’a rien d’indispensable pour l’humanité, cela n’en fait pas partie.

Bref, il serait temps que l’on cesse tous d’être complaisants avec ces pratiques. Surtout quand elles ont tendance à devenir régulières.

Dans le logiciel libre, beaucoup ont adopté la logique du « it’s done when it’s done ». Et il y a énormément d’avantage. Y compris en terme de qualité.

Il va de soi que l’industrie peut avoir du mal à avec ça car tout ce qui n’est pas prévisible peut affecter le retour sur investissement et la conduite même d’une entreprise.

L’humanité devrait peut être prendre le temps de s’interroger sur la notion d’activité. Il y a sans doute de nouvelles choses à inventer dans le but de faire moins, mais faire mieux. Mais c’est un autre (long) débat. :wink:

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Perso, j’adore ça, ça croustille.

Justement, c’est là tout le problème : Faire plus pour moins cher, il y a des moments où cela n’est juste pas possible (en tout cas, pas dans des conditions déceentes).

Tu peux le voir comme une exception.
Comme dans la maintenance industrielle, où si tu as une grosse panne bloquante sur un équipement de prod, les mec de la maintenance vont faire des heures pour relancer la prod, mais si cela se cantonne aux réelles urgences, cela fait partie de leur mission.

Après en termes de production, lorsqu’un client demande à produire comme des malades parce que lui s’est loupé sur ses délais. Dans le cas d’un client d’un sous traitant par exemple),là en revanche, c’est du foutage de gueule (alors, oui, cela peut arriver une fois de passer au travers d’un truc, mais quand c’est récurent, il y a un autre problème derrière).

Edit : encore une fois, cela reste mon avis, je ne prétends pas détenir la vérité dans ce domaine. :wink:

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En France , on a des syndicats pour gérer ça . Encore faut-il qu’il y ait des syndiqués !
Bien évidemment, dans les pays où il n’y en a pas , tout et n’importe quoi est possible. Et la tendance à implanter les studios où il n’y a pas de règles va être privilégiée. Encore un effet de la mondialisation…

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Mouai, ça montre une méconnaissance totale du monde du travail. Dans tous les boulots t’as des crunchs car dans tous les boulot t’as une urgence justifiée par le fait que si le client n’est pas livré dans les temps ou qu’on ne lui propose pas ce qu’il cherche, il ne va pas se prier d’aller voir ailleurs, et toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre de perdre des clients à la chaîne sous prétexte de ne pas brusquer ses employés.

Dans la réalité, de l’industrie au hightech en passant par à peu près tous les secteurs ou, t’as des clients sans avoir de monopole, même sur ce site, tenir les délais passe souvent avant la qualité et le confort des employés, car le plus important est de livrer dans les temps pour que le client n’aille pas voir ailleurs.

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J’ai un doute là-dessus:

La crunch culture, c’est quoi ?

La crunch culture est l’accumulation de nombreuses heures de travail. Le sacrifice de sa vie personnelle et de sa santé. Généralement on trouve cette pratique avant le rendu de projet vidéoludique.

Historiquement, on trouve son origine en novembre 2004. Un blog “EA Spouse” (littéralement épouse d’un EA) ouvre et les conditions de travail dans l’entreprise Electronic Art. Il raconte le quotidien des développeurs travaillant jusqu’à 13 h par jour. Sept jours sur sept.

Grâce à ce blog, l’International Game Developper Association a pu consolider les dossiers de developper attaquants en justice leurs anciens employeurs.

Ce phénomène de “call out” est depuis de plus en plus fréquent. Depuis 2010, de nombreux articles sur le sujet ont étés écris :

Source
Alors peut-être que sa médiatisation auprès du grand public est récente, mais le sujet en lui-même ne l’est pas.

Il me semble avoir lu dans des interviews de plusieurs anciens du jeu vidéo (années 70/80) (cf magasine Retrogamer collection) que le nombre d’heures de travail pouvait être assez énorme à l’époque déjà. Car en plus de concevoir les jeux, les grands anciens avaient plusieurs casquettes. C’est d’ailleurs très intéressant de voir comment se passait la créatiin d’un jeu à cet époque et tout ce qu’ils fallait faire pour réussir à le vendre ou à le placer dans les bars ou autres…

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Par très récent, je veux bien évidemment dire qu’on en parle vraiment depuis 3-4 ans. Il y a eu des articles sur le sujet il y a longtemps mais cela n’avait pas propulsé le sujet sur le devant de la scène pour autant.

Ce crunch, il existe aussi dans le BTP … et il s’accélère tous les ans.
Un commanditaire signe un contrat quelconque, comme faire une nouvelle route ou un un nouveau bâtiment par exemple. Avant pour le même travail la boite de BTP avait un délai de 3 ans, puis on rabiote à 2 ans, puis encore à 18 mois, et il faut le faire en 12 mois demain. C’est un peu partout pareil.

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Mouai, ça montre une méconnaissance totale du monde du travail. Dans tous les boulots t’as des crunchs car dans tous les boulot t’as une urgence justifiée par le fait que si le client n’est pas livré dans les temps ou qu’on ne lui propose pas ce qu’il cherche, il ne va pas se prier d’aller voir ailleurs, et toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre de perdre des clients à la chaîne sous prétexte de ne pas brusquer ses employés.

Ne croyez pas que les choses ont toujours fonctionné comme ça. Par exemple, demandez vous comment on voyait les choses du temps des cathédrales.

Et ne soyons pas dupe, à notre époque, on produit vite, mais on produit mal… et peu durable.

Rappelons nous que le monde du travail n’est que le résultat de ce que nous en faisons et de ce que nous voulons bien accepter.

Aujourd’hui, il y a un chômage massif, donc une concurrence anormale qui aboutit à mettre toujours plus la pression sur l’individu. Du coup, les clients deviennent super exigeants et demandent toujours plus, toujours plus vite, pour toujours moins cher. Il faut s’attaquer à l’excès de concurrence pour redonner à l’humain le pouvoir de dire « non ».

En d’autres temps (pas si éloignés), vous auriez pu aller vous gratter avec vos délais trop serrés. Et chez le concurrent, on vous aurait répondu exactement la même chose.
C’est juste qu’aujourd’hui l’économie dysfonctionne tellement que beaucoup hésitent à refuser du travail qu’ils devraient refuser.

Cette façon de voir les choses n’est pas non plus universelle sur un plan culturel. Par exemple, allez voir en Inde et vous verrez que leur culture ancestrale est de prendre le temps de faire les choses.

Si vous voulez mon humble opinion, il va falloir revoir notre façon de voir et réguler le marché pour remettre les intérêts de l’humain au centre des priorités. Parce que que produire toujours plus et ne pas profiter de sa vie, ça n’a tout simplement pas de sens.

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J’adore ce genre de jugements, basé encore une fois, sur UN message.
Relis mon message et tu verras que je n’ai pas utilisé l’indicatif, mais le conditionnel.

Ton avis … mais il est juste ! :wink::wink:
La petite différence que je vois dans l’article par rapport au reste (quoi que …) C’est que visiblement travailler, puis tout foutre a la poubelle parce que un tel l’a décidé, puis tout recommencer comme lui le veux semble être la norme… Étrange

C’est que visiblement travailler, puis tout foutre a la poubelle parce que un tel l’a décidé, puis tout recommencer comme lui le veux semble être la norme… Étrange

La raison pour laquelle on jette, c’est parce que l’obsession de produire vite aboutit a se lancer trop vite dans la production sans prendre le temps de maturer ce qu’on veut produire.

C’est très représentatif de notre époque. On est en train de développer une culture d’agités complètement névrosés qui battent des records de production… pour remplir les poubelles tout en détruisant l’environnement.

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C est également souvent la triste réalité des professions libérales, et pourtant sans patron pour pousser a la tache : juste la peur de refuser du boulot si y en a moins qui arrive derrière.
Pour une boite de développement avec pleins de salariés, ce n est pas recevable : le partage du temps de travail est réalisable, ce sont juste les patrons qui ne sont pas bons en dehors du rush a la sortie du jeu. Heureusement ce n est pas comme ca partout.

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