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Commentaires : Slack se plaint, Bruxelles enquête : Microsoft soupçonné de pratiques anticoncurrentielles avec Teams

La messagerie professionnelle collaborative Slack
a saisi la Commission européenne en 2020. Elle reprochait en effet à Microsoft d’avoir « associé illégalement son produit Teams à la suite bureautique Office, qui a une position dominante sur le marché ».

C’est même pire que ça maintenant puisqu’ils l’intègrent directement à Windows 11 et le truc est indétachable de la barre des tâches.

Apple fait la même chose dans sa dernière version de Mac. Slack a aussi porté sa plainte sur Apple ou ils veulent juste se farcir Microsoft ?

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Tu peux masquer le bouton de la barre des tâches dans les paramètres. :wink:

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Ah cool merci, je n’avais pas vu cette option :slight_smile:

Détachable et même desinstallable. Donc aucun problème en soit.

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Est-ce qu’un OS ou une suite logicielle ne peut pas s’étoffer de nouvelles apps ?

Il est évident que l’intégration de Teams dans Office et Windows a limité la croissance de Slack qui pratique des tarifs délirants pour sa solution, aussi bien soit-elle. Mais si comme ils le prétendaient longtemps ce type d’apps de collaboration est le futur des mails, pourquoi Microsoft ne pourrait pas moderniser sa suite Office et intégrer une solution qui correspond à ces nouveaux usages ? Les obliger à en faire une option payante aurait pu avoir du sens pour la concurrence mais au détriment de la valeur de l’offre pour les clients existants. Les deux points de vue se défendent.

Mais ils vont avoir un peu de mal : est-ce que la gratuité de Teams pour les utilisateurs office a empêché l’extraordinaire croissance de Zoom ? Pas du tout…

Concernant l’intégration dans Windows 11 c’est encore une autre histoire, mais tous les OS modernes ont leur propres solutions intégrées donc je vois mal comment on peut le reprocher à Microsoft.

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Il va falloir raisonner autrement qu’au prix stricto sensus.
Si la concurrence est morte et qu’il n’y a que des géants sur ce genre de marché ce n’est pas pour rien :frowning:

Faux, je l’ai désinstallé direct et il n’est plus sur la barre de tache.

C’est une question difficile à trancher. D’un côté on peut difficilement le leur interdire, et d’un autre il faut être réaliste et reconnaître que, quand un géant technologique lance un nouveau service, le déséquilibre avec ce que peut faire la concurrence devient fortement problématique.

On l’a également vu avec Apple Music ou le comparateur de prix de Google, par exemple.

Personnellement, ça ne me choque pas qu’on essaye d’empêcher ces sociétés d’intégrer leur nouveau service à d’autres sur lesquels elles sont en position dominante, et qu’on limite leurs possibilités de le mettre en avant dans leurs produits.

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« Les logiciels concurrents ont été invités à fournir une liste des utilisateurs passés sur Microsoft Teams ou Office, la perte de revenus provoquée par cette situation ainsi que l’impact de cette perte sur les investissements dans l’innovation et la qualité de leurs produits. »
Je trouve ça grotesque. Pourquoi n’auraient-ils pas le droit d’intégrer Teams dans leur suite ? Si les autres logiciels du genre sont meilleurs, ils garderont leurs utilisateurs. Bientôt on va reprocher à Microsoft d’imposer un traitement de texte dans « Office ».

C’est pas W11 mais OS11 qu’il aurait dû s’appeler.

Oui enfin quand les achats d’un groupe décident d’un fournisseur avec la DSI ils regardent aussi le prix hein :wink:

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Ça rappelle un peu les débuts d’Internet Explorer et les plaintes qu’ils ont pris là dessus. Au final, est-ce que ça avait changé grand chose ? Me semble que Microsoft avait perdu mais ils avaient quand même pu se débrouiller pour garder Internet Explorer intégré à Windows. Ça m’étonnerait que ça ne puisse pas être différent ici. On a pas vu grand monde se plaindre lorsqu’ils ont intégré Onedrive à W10 non plus.

Apple n’est pas en position dominante sur le marché des ordinateurs, surtout pas en entreprise.

Et Apple n’a en outre pas de produit concurrent de Slack intégré à Mac OS (non, Messages n’est pas un concurrent de Slack, ça n’a rien à voir, Messages est juste une messagerie instantanée personnelle, pas un outil de communication et de collaboration professionnel).

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Parce que la loi protège les petits face aux mastodontes (Microsoft, c’est 160 fois le CA de Slack) : quand une entreprise est en position dominante sur un marché, elle n’a pas le droit de profiter de cette position dominante pour fausser la concurrence sur un autre marché.

En l’occurrence, on a deux marchés qui étaient jusqu’à présents bien distincts, notamment chez Microsoft, puisque les produits étaient séparés : les suites bureautiques d’un côté, les outils de collaboration de l’autre.

Microsoft est en position dominante sur le premier de ces deux marché. Elle n’a donc pas le droit de profiter de cette position dominante pour favoriser ses produits sur le second marché. C’est pourtant exactement ce qu’elle fait en fusionnant les deux produits.

Non, pour deux raisons : d’abord parce qu’un traitement de texte est un composant standard des suites bureautiques, qui ont complètement remplacé les logiciels individuels (on ne trouve quasiment plus de traitements de texte ou de tableurs ne faisant pas partie d’une suite bureautique).

Ensuite parce que à l’époque où les composants d’une suite bureautique se vendaient aussi séparément, Microsoft était en position dominante à la fois sur les suites bureautiques et sur les traitements de texte (Word était leader) et sur les tableurs (Excel leader). Intégrer Word et Excel dans sa suite bureautique n’a donc pas provoqué de distorsion de concurrence.

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Sachant qu’Internet Explorer est mort, que la part de marché de Microsoft dans l’univers des navigateurs est passée de presque 95% à moins de 10% et, surtout, que l’entreprise – étant sous haute surveillance de la part des autorités en charge de veiller à la libre concurrence aussi bien aux États-Unis qu’en Europe – n’a pas pu renouveler avec Firefox et Chrome les stratégies qu’elle avait employées contre Netscape (en particulier faire pression sur les fabricants d’ordinateurs pour qu’ils ne l’installent pas et ré-initialiser via des mises à jours Windows, pour le mettre à Internet Explorer, le navigateur par défaut des utilisateurs qui l’avaient changé) et qui avaient incontestablement eu un impact considérable, oui, ça avait changé beaucoup de choses.

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Tu dis ça comme si tout ça était arrivé d’un coup
Internet Explorer a mis combien de temps à mourir après ça ? Ils se sont fait manger par Google Chrome mais ces mesures ne les avaient pas fait bouger de leur place avant un bon moment. Donc le parallèle avec Teams et Slack et leurs nombres d’utilisateurs n’est pas trop galère à faire je trouve. Cela dit c’est plus la même époque donc les choses peuvent changer beaucoup plus vite.

Après vérification : l’affaire se termine définitivement en 2004 et Google dépasse IE en 2012 Q3 et passe sous les 10% de parts de marché en 2018. Donc ouais, j’ai tendance à penser que ça les a pas trop chamboulés et qu’ils ont surtout eu tendance à trop se reposer sur leur logiciel tellement ramassé par terre qu’ils ont attendu que tout le monde le remplace par quelque chose de plus fonctionnel avant d’enfin faire quelque chose. Parce que le jour où même ton papy utilise Chrome au lieu de Internet Explorer parce que le truc est pas capable d’afficher des pages aux standards du moment correctement, c’est peut être que ce qui les a fait chuter c’est pas tellement les affaires de justice mais plus leur logiciel qui est juste pas très bon

Le prix est un critère oui forcément mais pas le seul.

Je te laisse te renseigner un peu mieux. La domination d’Internet Explorer avait déjà été largement mise à mal, avant l’apparition de Google Chrome, par Firefox. Ce dernier ayant atteint quasiment un tiers de part de marché en 2010 et sa véritable ascension ayant commencé… aux alentours de 2005.

Parts de marché des navigateurs Web en 2000 :
Internet Explorer : Plus de 80%.
Firefox : 0%
Google Chrome : 0%

Parts de marché des navigateurs Web en 2005 :
Internet Explorer : 87%.
Firefox : 8%
Google Chrome : 0%

Parts de marché des navigateurs Web en 2010 :
Internet Explorer : 54%.
Firefox : 31%
Google Chrome : 7%