Commentaires : Saviez-vous que l'énergie marémotrice, ou la force des marées, possède un potentiel exceptionnel... en France?

Les barrages fluviaux, c’est justement plutôt de l’ordre de la dizaine de mètres de hauteur de chute (par exemple, tous les barrages français sur le Rhin sont dans cette fourchette de 10-15m et les 3/4 de ceux sur le Rhône font moins de 15m).

Les gros barrage de plus de 100 mètres, à part quelques cas extrêmes (genre 3 gorges), c’est plutôt des barrages sur des rivières et des torrents, en montagne. Et là certes la hauteur de chute est bien plus grande (ça peut être de l’ordre de 1000m parfois, car la centrale n’est pas forcément au pied du barrage, elle peut être beaucoup plus bas en aval…), mais les débits moyens sont aussi beaucoup plus faibles, parfois à peine quelques mètres cubes ou dizaines de mètres cubes par seconde, là où un barrage fluvial, peut débiter plusieurs milliers de mètres cubes par seconde.

Or si la production est proportionnelle à la hauteur de chute, elle l’est aussi au débit… Un petit débit avec une haute chute ne donne pas plus de production qu’un gros débit avec une basse chute.

Par exemple, Grand’Maison, qui est la centrale hydraulique la plus puissante de France (quasiment 2 GW), et une de celles avec la plus grande hauteur de chute (près de 930 m), elle ne produit que 4 fois plus que La Rance sur une année. Parce que son débit maxi n’est que de 220 m^3/s, et son débit moyen est encore bien plus faible que ça… Et encore, pour arriver à une telle production, elle pompe l’eau la nuit pour la remonter, si elle se limitait au débit naturel de sa rivière, la production serait encore bien plus faible… Et elle est battue en production annuelle par la centrale de Donzère par exemple, qui n’a qu’une 20aine de mètres de hauteur de chute, mais sur le Rhône, donc avec un gros débit maxi (2000 m^3/s), et surtout, un débit moyen bien élevé (plusieurs centaines de m^3/s).

Au final, une centrale marémotrice peut donc avoir une production tout a fait correcte comparée à des centrales de plus haute chute bien plus limitées en débit.

La difficulté c’est effectivement essentiellement le fait que la production de ce type de centrale n’est quasiment pas pilotable, comme toute centrale au fil de l’eau en fait (par exemple, les nombreuses centrales qui barrent le Rhin et le Rhône), mais avec en plus la difficulté de la cyclicité, alors qu’une centrale fil de l’eau a une production relativement stable à court terme (les fluctuations sont plus liées aux saisons).