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Commentaires : Non-Fongible Tokens : qu'est-ce que les NFT, et comment ça marche?

NFT par ci, NFT par là… On ne parle (presque) plus que de ça. Au fil de titres racoleurs et de ventes aux enchères spectaculaires, médias et néophytes constatent, abasourdis, qu’un simple GIF animé peut se vendre plusieurs millions de dollars. Le Web serait-il — lui aussi — devenu fou ? Pas si vite. Malgré les excès du moment, les NFT ne sont ni une mode, ni une folie passagère. Explications.

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Ce que j’ai du mal à comprendre personnellement, c’est comment un NFT peut être lié techniquement à un tweet par exemple?
Qu’est-ce qui fait la liaison? Rien du tout? c’est juste un titre de propriété numérique sans lien?
Comme un bout de papier qui certifie qu’un objet est à moi, mais qui le signe dans ce cas? quelle valeur légale a-t-il?
Si y’a aucun lien, on peut donc générer autant de NFT qu’on veut en ciblant le même objet (réel ou numérique).

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Le NFT on en parle juste parce-que les vendeurs de NFT ont eux même acheté quelques œuvres qui paraissent faisable par tout le monde à des prix très élevés pour créer une ruée de création de NFT (entre 50 et 80€) par des pigeons qui croient qu’ils vont gagner à la loterie.
Bref, c’est une arnaque.

Merci pour cet article très didactique. Bravo !

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bientôt quand tu iras au musée sa seras plus des tableaux, mais des écrans, bref beaucoup vont surfer sur cette tendance pour installer un marché et beaucoup vont y perdre… de l’argent, une vraie arnaque des temps moderne, rien ne remplaceras la toile.

Bonne question ! :wink:

Il y a en fait plusieurs questions dans votre interrogation :

Comment une oeuvre et un NFT sont-ils liés ?
Techniquement, un NFT est un smart contract, du code informatique qui définit en l’occurence le fonctionnement particulier d’un token sur une blockchain. Sont associées à ce contrat des « méta-données », comme un nom, une description textuelle, une image… Autrement dit, une fois créé, un NFT associe un propriétaire à un ensemble de données numériques décrivant un objet, le tout étant assorti d’un identifiant unique et enregistré sur une blockchain.

Pourrait-on créer une infinité de tokens relatifs à un même objet ?
Oui, bien sûr. Rien ne vous empêche de faire un copier/coller du premier tweet de Dorsey et d’en faire un NFT. Mais ce n’est pas pour autant que votre NFT aura une quelconque valeur. C’est en fait exactement la même chose pour l’art. Dans l’exemple que j’ai cité de la peinture « FOOL », vous pouvez facilement recopier ce tableau ou le refaire vous-même, mais je doute que vous le vendiez 7 millions de $. Si ce tableau (ou le tweet) affichent un prix élevé, c’est parce qu’ils ont une histoire et sont rattachés à une personnalité précise. Et le NFT (donc le smart contract) inscrit cette histoire sur une blockchain. Au fur et à mesure de la vie d’un NFT, vous pourrez d’ailleurs consulter la liste de ses propriétaires successifs.

Ce qui amène à une autre question que vous évoquez : comment savoir qui est véritablement le propriétaire d’un NFT, ou le créateur de l’oeuvre ?
Vous avez parfaitement raison, on ne peut pas le savoir !

Techniquement, le « propriétaire » d’un NFT est une adresse sur une blockchain. Sur Ethereum, le propriétaire est en fait un truc du genre "
0x0c70a710ac9a2d1b293a045fa315c025b9bdf5fd" ;-). C’est le seul fait de contrôler l’accès à cette adresse (d’en posséder les clés) qui fait de vous le propriétaire du NFT. Mais rien ne lie le NFT à votre identité.

C’est la raison pour laquelle les places de marché de NFT artistiques, comme Rarible, imposent souvent un enregistrement nominatif (un artiste doit prouver son identité), tandis que Valuables (où a été vendu le tweet de Dorsey) utilise l’API Twitter pour lier les propriétaires à leur compte Twitter, donc certifier qu’ils sont qui ils prétendent être. C’est la plate-forme qui vous garantit que c’est bien Dorsey qui a créé ce NFT.

En somme, c’est comme d’autres applications sur Internet. Si vous recevez un email de quelqu’un prétendant s’appeler Jack Dorsey et être le patron de Twitter, vous aurez des doutes. Si son adresse email se termine par @twitter.com, vous aurez un peu moins de doutes, mais ne serez pas certain pour autant que c’est bien lui. Mais si vous recevez un message direct sur Twitter du compte @jack, certifié par Twitter comme étant celui du PDG, vous êtes sûr que c’est bien lui.

Dit autrement, le NFT ne cherche pas à résoudre le problème de l’identification des personnes, mais à associer de façon inviolable un objet à une personne. L’identité de cette personne, si l’on veut la connaître, doit être prouvée d’une autre façon.

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Si j’ai bien compris, association qui n’a lieu que selon le bon vouloir de la plateforme qui l’a vendu… plateforme privée sur une chaine crypto bien précise.
Plateforme qui peut disparaitre du jour au lendemain.
Jack Dorsey pourrait vendre son Tweet sur 50 plateformes différentes… les acquéreurs ne posséderont jamais le tweet original… il est lié à son utilisateur (qui peut le supprimer n’importe quand).
Ils n’achètent aucun titre de propriété, mais un NFT lié ou non à qq chose (susceptible de disparaitre).

Bref, une belle arnaque…

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Vous trouvez un tableau signé Picasso dans la cave de votre grand-mère. Vous le faites expertiser par un expert, qui confirme que c’est bien un Picasso. Vous le vendez aux enchères. L’expert meurt. Le tableau a-t-il perdu sa valeur ? Bien sûr que non.

Le nouveau « propriétaire » du tweet n’a pas acheté un tweet, il a acheté une « oeuvre » originale dont il est prouvée qu’elle est signée par Dorsey.

Même si Dorsey mourrait, même si la plate-forme ayant procédé à la vente initiale disparaissait, tant que la blockchain Ethereum existe, le NFT dont on parle existera. Et il sera toujours possible de retracer son origine et ses propriétaires successifs.

On peut débattre sans fin sur la légitimité d’acheter un NFT de tweet à 3 millions de $, mais le principe de NFT n’est nullement une arnaque. Juste un système numérique d’enregistrement de propriété. Avec de nombreux cas d’usage, comme je l’explique longuement dans l’article.

Rien à voir… Valuables n’est pas un expert, c’est la tierce partie faisant la liaison entre le NFT et l’objet dans le cas présent. Le NFT n’est « visualisable » que via Valuables.
Si Dorsey supprime son tweet (ou que Twitter a une mise à jour modifiant son graphisme, ses urls), le NFT n’a plus aucune valeur, l’objet n’existe plus, sa liaison est brisée, il reste quoi dedans, de la data, une capture d’écran au mieux…
Une oeuvre que Dorsey peut dupliquer à l’infini en NFT ou supprimer complètement, reste quoi aux acheteurs? ils ne possèdent qu’un NFT… un token… une chaine de caractères…

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@Droz

Je doute que de simples vendeurs de NFT montent une arnaque à 69 millions de dollars en rachetant une œuvre d un artiste ultra connu sur le marché de l art contemporain juste pour encourager des gens à se lancer dans ce business et prendre 2,5% de commission sur une immense majorité de ventes qui ne dépassent pas 100 ou 200 dollars. Le marché des NFT ne pèse rien en volume à côté de celui des cryptomonnaies.

Vous confondez marché de l art, forcément aléatoire et parfois irrationnel , et ce depuis des décennies avec les fameuses foires artistiques et preuve numérique de possession d un fichier numérique.

Vous êtes désigneur , vous concevez une brosse à dent super design, vous mettez le fichier de la brosse à dent en 3D que vous avez conçue en ligne, sur un système IPFS avec un NFT associé. Vous avez ainsi la preuve qu à telle date , vous étiez en possession du dit fichier. Ça remplace une enveloppe Soleau ou un dépôt chez un huissier.

Aucune arnaque là dedans.

Après, que certains soient prêt à payer des millions pour quelques taches de couleurs sur un tableau, ce n est pas nouveau et ça n a rien à voir avec les NFT.

Il y en a même dans l industrie pour adulte maintenant. Ça permettra au moins aux modèles de prouver qu ils / elles sont bien les détendeurs des droits d auteurs des images et vidéos , massivement volées et revendues par de multiples intermédiaires sur de multiples plateformes, sur le dos des ayant droits. Les NFT pourront mettre un terme à ces vols d images et vidéos. Un exemple parmi d autres, comme la brosse à dent en fait.

@ malak

Pour éviter les problèmes dont vous parlez et qui sont effectivement bien réels, il faut mettre les fichiers numériques sur des systèmes IPFS distribués sur des milliers de serveurs à travers le monde en peer to peer avec un lien vers un nom de domaine Ethereum. Comme ça, on ne dépend plus d un serveur web unique ni d un prestataire susceptible de disparaître.

D ailleurs certains rêvent d un web totalement décentralisé avec les sites web qui serait stockés en peer to peer, de manière fragmentée sur des milliers de noeuds IPFS à travers le monde au lieu de serveurs uniques façon OVH.

Contrairement à une idée reçue, il est tout à fait possible de créer un NFT à la main avec des lignes de commandes Linux. On trouve plusieurs tutos sur le net pour faire ça. Il faut juste aimer coder un peu mais ça n à rien de compliqué.

Reste le cas du décès du créateur. Mais avouez que ça restera des cas ultra minoritaires.

Information wants to be free.
Un GIF, un PNG, un tweet, etc. n’importe quel document numérique peut à la base être dupliqué à l’infini pour un coût dérisoire. Mettre des titres de propriété là dessus c’est un peu dérisoire. Rien n’empêche la copie et la diffusion à l’infini de votre « propriété ».
Si dans la blockchain il n’y a qu’une URL c’est encore plus bête. Il faut sécuriser le fichier lui-même dans son intégralité.
Mais à partir du moment où ce droit de propriété ne sera jamais opposable à qui que ce soit, il n’a aucune valeur. Il ne faut pas confondre monde réel et monde numérique.
Encore une fois « Information wants to be free ».

Il en va de même pour beaucoup de choses. Peignez n’importe quoi et trouvez suffisamment de personnes pour dire que c’est génial puis un abruti pour payer cher votre croute et cela devient un chef d’œuvre et vous un grand artiste. Combien de bouses infâmes sont passées à la postérité et ont rendu leurs commetteurs richissimes grâce à ce système, qui peut facilement être orchestré en plus.
J’ai donné l’exemple de la peinture mais cela peut être transposé à toute forme d’expression « artistique ».

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sur le plan de l arnaque les coups les plus tordus ne sont Rien à côté de la peinture abstraite

Concernant la propriété intellectuelle, je crois que n importe quel début de preuve, comme un email, un fax, un fichier, peut suffit à convaincre un tribunal.

Les NFT en seront très probablement un autre parmi d’autre. La signature numérique d un fichier par sa table de hachage est unique et son enregistrement dans la blockchain réputée inviolable avec un lien vers un porte monnaie de cryptomonnaie semblent être une preuve solide de détention d un fichier a un instant T. Pour un créateur, toute copie ne pourra avoir lieu qu après la diffusion de son fichier par ses soins. S il l’enregistre au préalable par un NFT, il aura la garantie de l antériorité pour la date dans l enregistrement sur la blockchain.

Par contre, concernent les œuvre d art et leur détention ultérieure, c est effectivement bcp plus discutable. En France, seule une facture officielle peut faire foi auprès des assurances et d un tribunal, les NFT ne sont pas ( encore ) reconnus.

Cela dit, dans tous les OS modernes, il est par exemple nécessaire et même obligatoire de signer les exécutables et applications lors de la compilation. Chez Apple, il faut signer avec un certificat numérique crypté fournit par Apple lors du développement d une app, qui permet de mettre un nom, une date, une société sur un fichier. On peut ainsi authentifier le propriétaire ou le développeur mais ce n est hélas possible que pour les fichiers de type exécutables ou applications. Par pour des fichiers « passifs « comme des images PNG l GIF ou JPEG.

Quand j’étais collégien, j’avais déjà des non fongible tokens : les pog :sweat_smile:

Bel article… qui me conforte dans l’idée que l’être humain devient de plus en plus absurde/fou/fuit perpétuellement en avant/etc.
Vivement sa disparition !