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Commentaires : Ne tentez pas de jouer du Bach sur Facebook : Sony vous l'interdira

Alors qu’il interprétait un morceau de Jean-Sébastien Bach, un musicien répondant au nom de James Rhodes s’est vu censurer sa vidéo Facebook par Sony Music Entertainment, soi-disant propriétaire d’un passage de 47 secondes. Un incident remettant la loi sur le copyright au cœur du débat, une première fois rejeté en juillet dernier.

Des droits sur Bach…

Et moi, si j’ai l’idée du siècle, je dois payer pour la protéger 25 ans.

Comment une entreprise peut-elle s’approprier le patrimoine de l’humanité ?

La Musique de Bach appartient à l’Humanité et est dans le domaine public depuis des lustres. Sony ne détient rien de la musique du Cantor de Leipzig… seules les interprétations relèvent des droits d’auteurs… Sony possèdera les droits sur une oeuvre ou partie interprétée à sa demande ou dont il a acheté les droit, dans ce cas c’est normal (même si c’est un peu con…); en revanche si James Rhodes à mis sur YouTube le morceau interprété par ses soins, là Sony ne peut rien dire (enfin je crois car quand c’est une vulgaire histoire de pognon, on ne sait jamais…).

Donc, la fameuse loi en gestation sur le droit d’auteur est censée favoriser ce genre de chose en le rendant plus facilement détectable. Apparemment, elle est pas indispensable pour tout le monde. Par contre on peut se demander pourquoi Sony aurait un droit exclusif sur un bout de morceau de Bach. Dommage que l’article ne le précise pas, parce que c’est bien ça qui est choquant dans l’histoire. En plus il ne semble pas que le musicien allait en tirer un profit. Ca va pas être facile de trouver un équilibre entre les ayant-droits et le droit d’expression.

Copyrights sur l’alphabet… Et voilà… Plus personne ne pourra écrire:)

Ce que l’article ne dit pas c’est qu’il s’agit là au départ d’une dérive de plus de la soi-disant « intelligence » artificielle appliquée sans discernement à la protection des intérêts des industriels de la musique.

Il s’avère que les algorithmes de Facebook ont détecté sans aucune intervention humaine (on est là quasiment dans le domaine du droit divin…) une grande similitude avec une version de l’œuvre de Bach dont SONY MUSIC est propriétaire qui enfreint les lois sur la propriété intellectuelle en vigueur aux États-Unis, patrie d’origine de la société de M. Zuckerberg. L’infraction porte sur un passage de l’œuvre d’une durée de 47 secondes dont le style, (le phrasé, le toucher, le rythme, la dynamique, l’utilisation des pédales, etc.) ressemblent à s’y méprendre à ce que le divin mouchard de Facebook considère comme étant la version « originale » de l’œuvre.

En clair… ce qui est reproché à James Rhodes ce n’est pas de jouer une œuvre de J.S. Bach mais de la jouer d’une manière qui présente une trop grande similitude avec la célébrissime version du célèbre pianiste Glenn Gould mort en 1982 dont SONY CORPORATION est propriétaire depuis le rachat du catalogue de Columbia (CBS).

Néanmoins, au vu du parcours… dirons-nous, un tantinet original… de M. Rhodes… il convient peut-être de faire preuve dans ce cas particulier d’une certaine prudence… se poser notamment la question de savoir quelle serait l’attitude de ceux qui gèrent ses intérêts financiers et autre droit à l’image ou propriété intellectuelle le jour où d’aventure un clone Youtubiste s’amuserait à en faire une copie conforme et de diffuser le fruit de son travail sur les réseaux sociaux.

Tout semble plutôt indiquer dans cette affaire qu’il s’agit plus d’une prise de bec entre la start-up du très médiatique J. Rhodes et SONY MUSIC qu’une remise en cause des limites du domaine public.

Merci pour ton commentaire qui complète un article un peu léger et tape-à-l’œil.

Pour ceux qui sont en mesure de lire un bouquin de 300+ pages en anglais et qui ont envie de creuser, il existe un ouvrage rédigé par un véritable professionel avocat exerçant aux USA et au Canada.

The Public Domain: Enclosing the Commons of the Mind by James Boyle.

Vous y trouverez une bonne introduction d’ordre général à cette problématique présentée dans un langage accessible à tout un chacun et exempte de toute dérive de nature polémique ou propagandiste.

Le livre est disponible en divers formats (html, epub, kindle, pdf…) sur le site US de Project Gutenberg et il peut être lu en ligne ou téléchargé gratuitement :

Je ne crois pas que ce livre ait fait l’objet d’une traduction française.

j’espère qu’y aura pas de copyright sur l’oxygène un jour.