Pardon ? Non, pas que je sache.
Si, et même le thermique non hybride.
La réglementation a été assouplie fin 2025. Au lieu de tomber à 0 émissions en 2035, l’UE demande une baisse de 90% des émissions (évaluées constructeur par constructeur, et par rapport aux émissions de 1990), couplée à une compensation carbone des 10% restants, soit en utilisant de l’acier bas carbone, soit en utilisant des carburants de synthèses.
Il n’y a en fait aucun critère « technologique ». Donc si un constructeur veut continuer à faire des moteurs hybrides, ou même non hybrides, il peut le faire. Tant que sur l’ensemble de ses ventes, il atteint bien au moins -90% d’émissions et qu’il compense le reste. Ce qui implique quand même qu’il faudra une très large majorité des véhicules éléctriques ou à minima hybrides rechargeables avec une assez grosse autonomie électrique, les -90% sur l’ensemble des ventes étant impossibles à atteindre s’il reste une part importante de thermiques non hybrides ou hybrides non rechargeables.
Sur le plan rendement je ne conteste rien, je n’ai pas les compétences pour, et ton raisonnement se tient (et est vérifiable). Ce que j’avoue ne pas bien comprendre, c’est comment on en arrive à justifier le VE par le fossile en France. Parce qu’ici on a justement le nucléaire : le réseau est déjà très largement bas carbone, donc un VE y roule avec une électricité beaucoup plus propre qu’ailleurs. L’argument gaz me semble surtout valable côté allemand, là où le mix marginal est effectivement fossile.
Du coup l’idée de couvrir la hausse de demande au gaz, en France, me paraît un contresens : on a mieux sous la main. Le souci, c’est qu’on est à la traîne - les EPR2 (Penly, etc.) n’arriveront pas avant ~2038, donc peut-être trop tard pour le pic VE, et on respecte déjà assez mal nos trajectoires Paris.
Et c’est là où je décroche un peu du débat « quelle énergie pour tout électrifier » : pour moi la vraie alternative propre passe aussi par repenser la taille du parc et la place de la voiture individuelle. Je ne vois pas pourquoi, dans le contexte français, on irait chercher du gaz pour produire l’électricité que le nucléaire ne peut pas fournir, juste pour continuer à alimenter la tendance du tout-voiture-individuelle. Si l’offre propre ne suit pas, la vraie question n’est pas « avec quelle énergie fossile on bouche le trou », mais « est-ce qu’on a besoin d’autant de voitures ». Je n’ouvre pas ce chantier ici pour ne pas détourner le sujet, mais c’est le fond de ma position.
Pour revenir à l’article : si l’argument de Toyota pour sa frilosité sur l’électrique se résume à « ça ne fait pas de bruit et ça ne sent pas les hydrocarbures », c’est quand même faible. Je m’attendais à une objection plus pratique de sa part - réseau, recharge, chaîne d’appro, coût des batteries - pas à un attachement quasi sensoriel au thermique. Venant du premier constructeur mondial, c’est un peu décevant.
Oui, bien sûr. Je ne dis pas qu’il faut couvrir la hausse de demande avec du fossile.
Le but ici c’est juste de montrer que même si on couvrait la hausse de demande avec du gaz, les bénéfices en termes d’émissions de CO2 existeraient.
Et bien sûr si on fait avec du nucléaire ou du renouvelable, c’est encore mieux ![]()
Complétement d’accord aussi sur la baisse du parc, ou à minima, la baisse des distances parcourues en voiture. Il faut en particulier promouvoir les alternatives à la voiture en ville, on sait qu’on a une marge de progression énorme à ce niveau en France (on doit être à moins de 5% de part modale du vélo en moyenne en ville, alors qu’on n’a un climat pas moins favorable au vélo que les Pays-Bas, où ça dépasse un tiers dans pas mal de villes…).
Idéalement, 100% de l’énergie consommée en France (et dans le monde) devrait être produite de façon « propre ».
Mais : en France, production électrique = 540 TWh par an, conso totale = 1500 TWh; et surtout besoin supplémentaire pour convertir tous les véhicules en électriques = 95TWh. Qui ne sont pas disponibles aujourd’hui.
On est encore loin de pouvoir tout remplacer. Et c’est pire dans la quasi totalité du reste du monde.
| Pays | Électricité propre produite (TWh) | Énergie totale consommée (TWh) | Ratio élec/conso | Électricité requise pour tous les véhicules (TWh) | Ratio électricité requise pour VEs / électricité produite |
|---|---|---|---|---|---|
| Norvège | 154 | 225 | 68,4% | ~13 | 8,4% |
| Islande | 21 | 31 | 67,7% | ~1,2 | 5,7% |
| France | 510 | 1 550 | 32,9% | ~95 | 18,6% |
| Suède | 145 | 490 | 29,6% | ~22 | 15,2% |
| Brésil | 580 | 3 600 | 16,1% | ~165 | 28,4% |
| Canada | 490 | 3 400 | 14,4% | ~200 | 40,8% |
Ok, merci pour la précision.
Mais l’intervenant précédent semblait dire que l’UE allait autoriser l’hybride en mode open bar, sans limitation aucune, tant que ce n’est pas du pur thermique.
Et ça, tu sembles confirmer que ce ne sera pas le cas.
Merci, je comprends mieux l’idée !
Pour la lutte contre le tout-voiture, en revanche, c’est pas encore ça - surtout là où j’habite. La marge énorme dont tu parles, elle est réelle en ville ; sur mon territoire elle est quasi nulle. Le premier gros bassin d’emploi est à plus d’une heure, et même en prenant le train jusqu’à la grande ville la plus proche, les zones d’activité où sont réellement les boîtes sont à 40 min de transport du centre. Résultat : la voiture reste plus pratique, même avec 2h30 de route à aller/retour. Le train ne règle pas le « dernier kilomètre ».
Et pour ceux qui bossent carrément à la campagne - il y a des employeurs qui embauchent, mais paumés au milieu de nulle part - là c’est encore plus simple : la voiture est une obligation totale, sans la moindre alternative. Le souci n’est même pas de rendre la voiture moins attractive, c’est qu’il n’y a rien d’autre. Tout est à construire.
Et le vélo sur des routes de campagne c’est trop dangereux au quotidien.
maintenant tu sais (même si c’est pas si simple) ![]()
https://www.largus.fr/actualite-automobile/europe-les-voitures-thermiques-neuves-autorisees-apres-2035-mais-dans-quelles-conditions-30044837.html
Tu ne prends pas en compte dans ton calcul l’électricité disponible qui sera libérée lorsqu’il n’y aura plus (ou moins) de véhicules thermiques. Tu annonces que 95TWh ne sont pas disponibles aujourd’hui, alors que c’est faux. Déjà, parce que tu ne peux pas convertir 100% de la circulation en électrique (camions spécialisés, matériel de chantier, etc…).
De plus, la France a exporté en 2025: 92.6TWh.
Enfin, la production « propre » subit un investissement massif, le kWh installé s’envole depuis 10 ans. Donc les 3TWh manquant seront disponibles d’ici que tu éteignes le moteur de ton VT.
Donc techniquement, on produit suffisamment pour fournir le parc de véhicule, vu que l’on fournit déjà le parc des véhicules européens.
À noter quand même que la quantité d’électricité qu’on exporte ne doit pas être considérée comme un excédent de production qu’on pourrait se mettre à consommer en France sans problème.
La vraie réserve de ce qu’on pourrait consommer « en plus », ce n’est pas l’électricité qu’on exporte, c’est l’électricité qu’on ne produit pas quand on a des centrales qui ne sont pas à 100% de leur capacité, et ce non pas au niveau de la France, mais au niveau de l’ensemble de la grille européenne.
Parce que les exports, si on les exportes, c’est parce qu’il y a quelqu’un qui les consomme à l’étranger. Donc si on se met à les consommer en France, il vont manquer au niveau de la grille, et c’est donc un problème s’il n’y a pas des capacités de production supplémentaire qui puissent être mobilisées.
Oui tu as raison. Le calcul est simpliste, pour répondre à une remarque simpliste aussi. Ceci dit, le fait que les VE aient des batteries aident justement sur la capacité et l’adaptabilité de la grille. Si seulement le V2G n’était pas le bouzin qu’il est actuellement, la France pourrait décider d’exporter ses excédents dans des batteries de VE (ce qui, de fait, réduirait la demande lors de pic de consommation « classiques ») et donc lisser les changements de régime des centrales (ce qui est généralement le plus coûteux).
L’exportation des TWh signifie quand même que la France a pu produire cette énergie (et donc forcément qu’il y avait des consommateurs). La capacité de production est donc présente (pas forcément au bon moment, mais avec un parc de VE bien géré, OSEF).
Maintenant, au vu des installations PV en cours partout en Europe, il a fort à parier que la consommation extérieure va baisser… en moyenne. Cet excédent doit trouver preneur et les VE sont une solution pour ça.