La Commission européenne a approuvé, mercredi, les plans de défense SAFE de la France et de la Tchéquie. Pour l’Hexagone, c’est un financement de plus de 15 milliards d’euros dont il va bénéficier.
Il faut juste espérer que cela servira à acheter ou à produire en Europe.
J’aimerais croire que cela va de soi, mais en fait, rien n’est moins sûr.
« l’Europe lui accorde 15 milliards d’euros »
C’est notre argent, qu’on nous rend partiellement.
Sauf qu’entre temps tu as perdu la capacité de décision de l’emploi de cet argent.
Quel est le probleme? le politbureau bruxellois sait mieux que le gouvernement francais ce qui est bon pour nous
(Ironie Inside)
Mais si on regarde la répartition par pays, c’est la Pologne qui décroche le gros lot : plus de 43 milliards.
Et en passant, je trouve plutôt étonnant le montant attribué à la Hongrie, quand on voit combien ce pays est proche de Moscou, qu’il crache sans cesse sur l’UE et essaie de mettre des bâtons dans les roues de toutes les décisions. ![]()
Le but du programme SAFE est d’avoir une interopérabilité entre les armées européennes et un maximum de matériel compatible. Heureusement qu’il y a des gouvernements qui réfléchissent plus loin, parce que si tout le monde pensait comme toi et faisait dans le nationalisme et le protectionnisme à tout prix, hé bien l’industrie française de l’armement ne vendrait qu’à la France et à aucun autre pays. ![]()
Exemple, la Belgique pourrait très bien construire elle-même des véhicules blindés et des canons ((groupe John Cockerill et FN Herstal, les deux ont les compétences et l’expertise nécessaire), mais elle a préféré en acheter à l’industrie française, parce que nous savons regarder au-delà de nos frontières.
Je travaille dans le domaine et les interactions avec Arquus (acheté par JCD), je connais. Nous avons travaillé avec JCD et ils construisent eux même blindés (moins que Arquus évidemment) et surtout les canons.
Le programme SAFE va finir comme tous les programmes d’interopérabilité: les fonds iront aux gros industriels (comprendre Thales, Safran, KNDS, …) pour financer des « études » et seront bouffés sans réalisation concrète.
Aucun des acteurs majeurs (Pologne, France, Allemagne, RU) n’a la même vision d’une force armée. De la même manière qu’il est impossible pour la France et l’Allemagne de s’entendre pour un char de combat commun (et tous les échecs précédents ne les empêchent pas de recommencer la même chanson histoire de drainer les fonds européens), d’un avion de chasse commun, de frégates communes, etc…
La solution SAFE est une hérésie, faîte par des administratifs pour des administratifs. Le pire, c’est qu’en France, pays champion du monde de l’administration, on s’est débrouillé pour même perdre ce match où on aurait dû exceller. Au final, on n’arrive même pas à tirer 10% du montant total, alors que l’on participe à 18% du budget européen. L’article qui parle de Jackpot n’est qu’une grosse blague. Au final, on emprunte au prix fort pour payer le budget européen qui va nous donner « droit » à quoi? Emprunter à taux plus faible jusqu’à 15 milliards d’euros, donc double peine lorsqu’il s’agira de payer la note. C’est sûr, le gus moyen entend que l’Europe file 15Geur à la France, ce qui est très loin d’être le cas.
Une solution qui aurait fonctionné aurait été de créer des corps d’armées européennes, indépendants dans leur choix de leur matériel, standard et autre et de leur fournir le budget de 150 milliards. Là, les choix stratégiques auraient très probablement été pertinents (et pas pipoté par les lobbys industriels et autres amis requins), les armées nationales n’auraient pas eu le choix que de se plier au choix de cette armée s’ils veulent interagir et bam, plus de délire nationaux. Mais évidemment, c’est pas ce qui est fait car les accords européens ne prévoyaient pas ce cas là (après tout, à la création de l’UE, il y avait l’OTAN avec l’oncle Sam qui nous protégerait tous). Et plutôt que de modifier les accords dans ce cas qui semblent une évidence, on préfère appliquer des accords commerciaux que le parlement refuse, signer avec des pays douteux pour inonder les citoyens de marchandises qui le sont tout autant. Bref, l’idée d’une Europe forte et capable de rivaliser avec les autres puissances est mort né du fait même du noyautage capitaliste et des intérêts personnels des dirigeants et autres acteurs technocrate.
Je ne suis clairement pas anti européen, et bien au contraire. Je suis pour qu’il y ait une vraie direction européenne et pas une grosse couverture difforme et qui craque de partout à force d’être tirée de chaque bout par tous les acteurs. Il faut arrêter avec le clientélisme d’état, et les effets d’annonces déguisant ce qui se passe réellement pour noyer le citoyens sous de fausses idées.
En gros, l’idée de demander à des états (donc des personnes élus pour une courte durée et qui pensent toujours à la prochaine élection) de faire des choix qui seront dans l’intérêt extra national ne peut pas fonctionner, c’est mathématiquement impossible.
A quel taux d’intérêt ?
Ce n’est pas un prêt. En fait si
Voir réponse de @xryl plus bas.
Disons plutôt que l’UE (et non l’Europe) nous rend de l’argent que nous avons donné.
Si, c’est un prêt. Le taux dépend des marchés, c’est la commission (ou l’entité UE, difficile à dire) qui s’engage à rembourser l’argent et les États qui sont sélectionnés qui le dépensent (et accessoirement, rembourse le prêt via leur participation au budget de l’UE). Et comme chez nous, cette participation est empruntée également, ça fait donc une double peine: Les taux d’intérêts que l’UE a obtenu multiplié par les taux d’intérêts que la France obtient sur les marchés. Normalement, les premiers sont moins élevés que les seconds, donc ça devrait être un avantage… si la contribution au budget n’était pas empruntée elle aussi.
Bonjour,
Tu écris : « Le programme SAFE va finir comme tous les programmes d’interopérabilité: les fonds iront aux gros industriels »
Mais si les grosses entreprises ont du boulot … les sous traitants en auront par ricochet ou ruissellement …
Pire ! L’UE nous fait payer un prêt sur de l’argent que nous lui avons donné !
Je suis d’accord avec le principe. Nous sommes une entreprise dans la BITD, donc nous voyons comment ça se passe en « vrai » et pas sur le papier. En gros, pour chaque projet « gagné » par Thales, ils prennent grosso modo entre 40% et 60% des fonds et font entre 0 et 5% de l’effort de développement (les 60 à 40% des fonds qui restent vont aux vrais PME/TPE qui font le travail, les 5% de l’effort, c’est du powerpoint et du word pour le « suivi de projet »). Il ne faut surtout pas que le projet réussisse (il réussit toujours sur le papier, jamais dans la vraie vie) car cela pourrait concurrencer les solutions foutage de gueule de Thales et Safran qui sont vendues 10x plus chère. Dans le pire des cas, s’il réussit vraiment, c’est présenté comme une solution TRL5 ou 6 par Thales, histoire de faire la version 2 d’industrialisation du projet où Thales va récupérer le dévelopement pour peau d’balle et la PME sera, bien sûr, remerciée d’avoir amener tous le poisson gratos.
Ça doit faire une vingtaine d’années que la DGA veut passer le bébé aux PME directement sans avoir le chaperon grosse boite (ils sont très loin d’être aveugles ou idiots) mais c’est beaucoup trop tuyauté à l’intérieur par les 2 gros pour que ça puisse changer. Il faudrait une bon gros coup de pieds dans les c…es d’un décideur, mais comme je ne suis pas certain qu’ils en aient, je suis même pas sûr que ça marcherait.
En gros, une PME qui fait moins de 50Meur de chiffre n’a aucune chance de ne pas être enflée par les 2 gros, et la DGA ne traite pas (et ne peut pas traiter de fait) avec une société plus petite.
Pour comparer, une PME du drone français de reconnaissance, qui annonce pouvoir fabriquer 100 drones par mois (alors qu’un conflit nécessite cette quantité par jour!) sont vendus entre ~500€ et 2000€ pièce, de mémoire suivi la charge optique.
En comparaison Thales a vendu ses 210 drones Spyranger (SMDR) sur 10 ans, et le prix pour l’armée pour 35 pièces a été de 18 Meur.
Bref, jusqu’à ce qu’il y ait un ennemi à l’intérieur du territoire, rien ne changera, beaucoup d’effet d’annonce en fait. Ce n’est que lorsque l’on sera les 2 pieds dans la mouise que quelqu’un enfin deviendra pragmatique. Sauf que d’ici là, les PME auront très probablement délocalisé leur marché (ce qui se comprend parfaitement, il faut bien qu’elles puissent vivre) et ne seront plus présentes, voire intéressées pour l’Europe ou même la France.