Tu sais qu’il existe des professionnels à qui on peut sous-traiter ce genre de choses ?
Nous avons par exemple des chariots élévateurs autonomes pour alimenter en produits nos machines, achetés à un fournisseur autrichien, mais il se trouve que pas mal de problèmes se sont présentés à la mise en production, notamment une partie mécanique assez médiocre.
Nous avons donc décidé d’améliorer les bousins en modifiant certaines pièces et montage (un engrenage sur la direction et le montage de vis à billes pour le levage notamment), et bien on a juste pris les pièces d’origine et on a fait faire de nouvelles pièces sur cette base à une entreprise de mécanique…
On aurait tout autant pu faire la même chose si on avait eu besoin de pièces d’origine mais que le constructeur avait fait faillite, ne les produisait plus, ou que l’on trouvait ses tarifs exagérés.
Je ne dis pas que c’est courant, mais que c’est possible.
Et pour revenir à mon propos d’origine, ce qui est possible assez simplement avec des pièces mécaniques, est bien plus dur quand il s’agit de logiciel obfusqué ou closed source.
Mais ce n’est pas ainsi que vous pourrez espérer copier une machine complète de manière réaliste. Parce que cela coûterait bien plus cher que d’en acheter une neuve à son fabricant.
Pour espérer un cout de fabrication acceptable, il faudrait commander des centaines, voir des milliers de… chaque pièce. Car tout production d’une pièce impose des couts fixes indépendants de la quantité : études, moules, matrices, calages, processus, etc…
Cela peut rester intéressant de faire fabriquer une pièces unitaire ou en petite série pour sauver une machine coûteuse ou un parc de machine. Mais fabriquer ainsi une machine complète n’est quasiment jamais rentable. C’est la raison pour laquelle personne ne le faisait, même au temps ou les machines étaient purement mécaniques.
Non mais ça va je connais un peu…
Je parlais de contacteurs, de variateurs, d’automates, de cartes d’entrée/sortie, etc…
Bien sûr que si tu prends une tête de station wago programmable il te faut le programme qui va avec ton application… Et c’est bien là qu’on en revient à mon propos de départ : le logiciel est un verrou efficace.
Cela peut être un problème aussi quand c’est utilisé pour rendre indépannable des choses qui sont triviales. Et donc pour générer une rente non basée sur du travail, mais sur une logique de captivité artificielle du client.
Cette logique est nuisible et ne fabrique pas de valeur ajoutée pour la société.
Est ce pour autant un verrou efficace contre les vrais « copieurs » qui veulent réellement produire une copie et la vendre en masse ? Non, parce qu’un firmware ça se réécrit.
Le problème est relativement similaire à la production d’une pièce mécanique : il y a un cout financier au départ, mais il est rapidement absorbé par le volume de production.
Cela embêtera d’abord celui qui veut dépanner sa machine. Beaucoup moins celui qui veut réellement la copier pour en vendre en masse.
Ça sera en effet moins compliqué que de rétro le logiciel verrouillé d’origine.
Bref, rien d’incompatible avec ce que je dis depuis le début.
Si on en reviens à la problématique de départ, la question est de savoir qui est le plus embêté dans l’affaire ? L’utilisateur d’une machine qui se retrouve obligé de la jeter parce qu’un dépannage lui couterait trop cher ? Ou celui qui veut vraiment concurrencer une production et qui mettra les moyens qu’il faut pour ça…
Rappelons par ailleurs que la loi interdit la copie d’une machine à l’identique.
Il est interdit de prendre le logiciel d’un concurrent pour le vendre avec ses propres machines, qu’il soit pourvu ou non d’un système d’activation ne change rien.
Il est également illégal de copier à l’identique ou de manière très similaire une carte ou une conception mécanique. En droit, cela s’appelle une « copie servile ».
Un concurrent qui voudrait copier devra forcément passer par la case « conception » et devra donc réétudier tout le processus et investir dans une nouvelle production pour chaque partir.