La course à la Lune s’accélère, et Blue Origin entend bien arriver en pôle position. L’entreprise de Jeff Bezos a même repensé son programme avec une approche plus pragmatique. On vous explique tout.
Imaginez si au lieu de jouer à qui à la plus grosse en faisant leur roue dans leur coin, ils faisaient une meilleure roue ensemble.
Oui je sais, leur égo est incompatible avec une telle coopération…
S’ils coopèrent, les avancées scientifiques et l’innovation technologique seront plus lentes. C’est ce qui s’est passé entre les US et l’Union soviétique dans les années 60. Il y a du positif à tirer de l’ego. Ces points en font partie.
Tu as des preuves de ça, des études sérieuses ?
Ce qui s’est passé dans la course à l’espace et à la Lune entre l’URSS et les USA c’est que la NASA a fait travailler les meilleurs scientifiques nazis récupérés et tout plein d’entreprises privées pour un même but, et grâce à ça Saturne 5 a amené les premiers hommes sur la Lune en moins de 10 ans.
Un seul « chef », l’état, et des entreprises et organisations publiques travaillant de concert, et non en concurrence.
Et c’est aussi ce qui s’est passé pour la création de la bombe atomique en un temps record…
J’imagine…
Malheureusement l’avenir c’est plutôt Blade Runner, Altered Carbon, ou la Wayland Yutani de Alien…
Pourtant, cette course a permis de développer les ordinateurs miniaturisés , la découverte des couvertures thermiques, systèmes de purification d’eau. Les caméras et capteurs ont permis de développer l’imagerie médicale, l’observation terrestre. Les panneaux solaires… cela a eu énormément d’impacts pour l’humanité.
Oui et l’URSS avait récupéré certains modèles en Allemagne après la guerre pour faire de la rétro-ingénierie. Mais c’est bien la compétition qui les a poussés à aller sur la lune. Ça a commencé avec des petits satellites, puis cela a fini avec l’homme sur la Lune. Chacun voulait montrer sa supériorité technologique. Au final, bien mieux que de se taper dessus avec une bombe nucléaire. Honnêtement, c’est connu et reconnu que la compétition a accéléré grandement les investissements et la recherche.
Et là , ça se voit encore avec Blue Origin et Space X. Ils abandonnent des projets pour accélérer, car il y a une compétition. En collaboration, il n’y a aucune pression pour aller vite.
Sauf que je te parle de ce qui s’est passé dans un même pays.
C’est bien la collaboration entre l’état US et les entreprises privées de cet état qui a permis d’aller sur la Lune en moins de 10 ans.
La compétition entre états n’est pas pertinente ici pour la réalisation du projet.
Mais si on parle des états, c’est bien une collaboration entre URSS et USA (et dans une moindre mesure internationale) qui a permis l’ISS, pas la compétition.
Je parle de rapidité d’innovation et de recherches. Les US ont multiplié les investissements, car l’Union soviétique a réussi à envoyer une charge utile de près de 1 tonne quand les US envoyaient 20-30kg en orbite. C’était une course. Comme il y a une course entre Blue Origin et Space X pour obtenir le contrat Artémis. Comme il y a une course entre les US et la Chine pour retourner sur la Lune, pour l’IA, la technologie en général.
On ne pourra jamais le savoir.
La course Apollo a été un accélérateur monstrueux de tech pour l’humanité, bien plus que si ça avait été un programme « pacifique et scientifique » sans urgence (le même budget n’aurait pas été alloué ). Les dirigeants n’investissent pas des fortunes dans la recherche pure sans motivation compétitive ou symbolique (on peut dire ce qu’on veut, c’est un fait et je te rejoins la dessus). L’ISS, a permis énormément de découvertes, mais sur un temps plus long, beaucoup plus long, car il n’y a pas la pression de la compétitivité. Le secteur spatial est sous tension, La Chine vise 2029, Artémis pousse pour y aller avant. Et je suis persuadé que cette course va mener à de nouvelles découvertes.
Et pendant ce temps, les Chinois… ![]()
On a envie de proposer la coopétition et qu’on passe enfin à la troisième partie de cette dissertation.
Quand en histoire / épistémo tu all in sur une explication monocausale c’est un bon indice de bs. Après c’est vrai que la compétition c’est le feu hein. On imagine pas ce que doit la conquête spatiale au v2
vivement une bonne guerre ?
Mmmh, ben, vu l’inaction, voire les régressions en matière de lutte contre les changements climatiques, je dirais que l’avenir c’est plutôt Mad Max : Road Fury.
Et c’est clairement pas en envoyant des fusées de plus en plus régulièrement que ça va s’arranger.
L’un n’empêche pas l’autre ensuite ![]()
Pourquoi cela n’aide pas mon argumentation ? Les investissements massifs sont dus à la compétition géopolitique. Sans cela, ils ne seraient pas aussi gros. C’est un fait et il faut vivre avec. Ça me fait penser à un article que j’avais lu sur le washingtonpost qui parlait des investissements massifs de la Chine dans l’énergie renouvelable. Il y a une compétition de puissance et d’image de Leadership. La chine veut se positionner comme fournisseurs numéro 1 des technologies bas carbone. Ils utilisent leurs performances dans les renouvelables pour se présenter comme acteur central de l’accord de Paris et de la transition mondiale. Ça leur permet de capter la croissance et les emplois et donc de créer un nouveau moteur de croissance pour le pays. L’UE et les US ont ensuite lancé des politiques industrielles vertes massives avec le Green Deal et l’Inflation Reduction Act pour répondre à l’avance chinoise. Il y a bien une dimension de compétition. Et la Chine a décuplé ses investissements dans le secteur suite aux nouveaux accords. Quand même 10% de leur PIB (800 milliards environ).
All in sur la compétition ? Coupable, plaidé ! Mais c’est parceque l’histoire montre que c’est le levier le plus puissant pour débloquer des budgets et des risques fous.
Coopétition, c’est une super synthèse, je signe. Mais sans le all-in compétitif en amont, y’aurait pas eu grand chose à coopérer du tout.
Le V2 comme booster ? Oui c’est vrai, mais on peut viser mieux que la guerre pour la quatrième partie de cette dissertation ![]()
Le all in était en terme explicatif. En gros d’avoir recours à une explication monocausale de phénomènes par nature complexe.
Identifier ce qui relève de la coopération ou de la compétition dans les progrès technologiques ne se fait pas sur le régime de l’évidence, sauf à être un pilier de comptoir.
La guerre n’est qu’une version de la compétition, c’était pour montrer que la compétition n’est pas forcément le meilleur vecteur de progrès. Même si l’allemagne a dévellopé le V2 a qui l’exploration spatiale doit beaucoup et a qui ont doit le premier cliché de la Terre depuis l’espace (1946), l’économie de guerre nazie de l’avis des spécialistes de la question était vouée à l’échec dès le départ.
Je l’avais compris ![]()
Je ne remets pas en cause que la coopération permet de faire avancer les choses. Elle a d’ailleurs ses avantages, partage de connaissances et des coûts. J’ai appuyé mon point en disant que la compétition permettait de faire avancer les choses plus vite et permet de débloquer des financements qui n’auraient pas été, sans. On le voit aujourd’hui avec la Chine et les US.
Exactement, c’est une version. Pas celle que l’on veut. Et pas celle dont je voulais parler non plus.
L’IA et la robotique avancent à une vitesse incroyable grâce à la compétition entre les US et la Chine, par exemple, sans avoir besoin de s’entretuer sur un champ de bataille. La compétition met une pression et des échéances que la coopération ne met pas. Elle donne une motivation à se surpasser.
J’ai juste répondu à Bombing_Basta, qui met en avant une coopération entre l’état et les entreprises du même pays, sans prendre en compte la pression que l’état avait vis-à-vis de l’Union soviétique.
C’est drôle, toi et Sodium, vous avez répondu 2 jours après, mais dans la même demi-heure. Serait-ce ton compte double maléfique ? ![]()
j’ai vraiment que ça à faire ^^
Bon, et comme tu ignores les éléments essentiels de discrimination que je te donne et qu’on est partit sur une boucle : tant pis et merci quand même d’avoir pris le temps de répondre ![]()
Il y a un point sur lequel je n’ai pas répondu ? C’était pas volontaire d’omettre des points que tu as cité. Mais en relisant , je ne trouve toujours pas. Pourrais tu m’éclairer ?
Et je ne vois aucun point discriminant non plus ?
Je crois que c’est bon et qu’on a suffisement montré que la proposition de départ était au moins en partie fausse. A savoir :
Rien ne permet d’affirmer cela avec un haut degré de certitude. Tout dépendant des formes de compétition / coopération à l’oeuvre.
On a vu aussi que rapidité ne voulait pas dire dans la durée, donc ça n’a pas grand sens. 4 ans de progrès sci et un arrêt total pendant 10 ans est-ce que c’est plus ou moins rapide que la coopération ?
On pourrait également ajouter que les exemples que tu prends d’IA et robotique ne sont absolument pas des cas de compétition internationale pure. Ces domaines étant des purs produits de la coopération scientifique internationale sur laquelle s’appuie cette compétition industrielle (coopétition). Bref le monde n’est jamais résumable dans un post de 3 lignes et je sais que c’était sûrement pas intention, mais c’est ce qui nous a valu les posts suivants ![]()
Et je ne parlerai même pas des sujets sur lesquelles une coopération internationale est tout simplement une condition de possibilité du progrès sci : espace, recherche fondamentale, climat, etc.
Même si je souscris tout à fait à cette formule pleine de sagesse : « il y a du positif à tirer de l’égo ». Qui a le mérite de la nuance.