Attention aux raisonnements simplistes. Il faut regarder le cycle de vie complet par rapport à des alternatives faisant moins de distance, on ne peut pas conclure sur la seule base de la distance.
Pour ramener un véhicule de 2 tonnes de Corée du Sud (en supposant qu’il est fabriqué là-bas, ce qui n’est en fait pas le cas) vers l’Europe (soit à la grosse louche 25 000 km), sur un gros porte-conteneurs, c’est 500 kg de CO2 (environ 10 g/t.km). Ajoutons 500 km sur camion de 20 tonnes (300 g/t.km), et ça fait 800 kg de CO2.
Si à la place le véhicule fait 2000 km sur camion depuis une usine en Europe, c’est 1200 kg de CO2…
Donc au final, à moins d’être sûr qu’il a fait le plus gros de son trajet entre l’usine et toi en train (2 à 35 g/t.km selon le mode d’alimentation du train et le mix électrique dans le cas d’un train électrique), c’est pas sûr qu’un véhicule ramené depuis une usine en Corée ait vraiment plus pollué pour son transport qu’un véhicule ramené depuis une usine en Europe…
Mais imaginons que ça soit le cas, avec un véhicule qui pour arriver à toi ferait uniquement du train électrique en France (2 g/t.km, on peut le négliger). Grosso modo, ça fait économiser 800 kg de CO2 par rapport au même venant de Corée du Sud et ayant pris un camion entre le bateau et la concession.
800 kg ce CO2, c’est ce que va émettre à peu près n’importe quelle voiture thermique non hybride en 5 à 10 000 km (et plus proche de 5 000 que des 10 000 pour un véhicule de ce gabarit).
Donc au final, sur le cycle de vie complet du véhicule, ces 800 kg de CO2 ne sont pas déterminants. C’est bien plus ce qu’il va rejeter pendant son utilisation qui est déterminant, et du coup, le raisonnement « ça vient de loin = ça pollue plus » est trop simpliste. Si par exemple tu as le choix entre un véhicule fabriqué localement et un autre fabriqué à l’autre bout du monde, mais produisant 20 g de CO2 en moins par km pour un même usage, c’est bel et bien ce dernier qui sera le moins polluant sur le cycle de vie complet. Parce que dès 40 000 km parcourus il aura compensé le surcoût de son transport initial.
Le problème de la distance concerne en fait beaucoup plus les VE que les VT, parce que là le surcoût du transport ne sera jamais compensé à l’usage. Mais même là, il ne fait pas tout non plus. Parce que le transport peut également être compensé à d’autres niveaux (par exemple en fonction des matériaux utilisés et de l’efficacité des usines…).