Le Conseil de l’UE s’apprête à valider une nouvelle version du règlement censé lutter contre la pédocriminalité en ligne. Malgré l’abandon du scan des messages obligatoire, le texte pose toujours de sérieux problèmes pour la vie privée.
Si ça a été allégé (pas de scan obligatoire), il faut remercier toutes ces personnes qui travaillent justement comme Pattrick Breyer et d’autres qui scrutent les moindres lignes dans ces indigestes documents de propositions de lois contenant des centaines de pages… Sûrement pas les médias qui en ont fait très peu d’articles ou plein de citoyens passifs qui disaient « je n’ai rien à cacher, donc je n’ai rien à craindre » quand j’ai expliqué. Ce compromis est « un peu mieux » mais pas encore exempt de risques sur la vie privée.
Nous verrons bien, on peut encore supposer que des points soient encore abandonnés dans les négociations en trilogue.
En regardant de plus près, en France, le « Support » est pas unanime. Le nombre de député européen qui sont pour le texte est plus faible que ceux qui sont contre. Ce n’est pas enviable, quand on compare avec l’Allemagne où tous les députés sont contres.
Patrick Breyer commente au sujet du vote d’aujourd’hui le qualifiant de « Cheval de Troie » pouvant effectivement s’il était totalement accepté en l’état avoir de lourdes répercussions. Bref, ce n’est pas vraiment une victoire et ce compromis est encore loin d’être acceptable.
Pétitions et mobilisations :
Malheureusement, l’Union Européenne a déjà décidé de mettre fin au respect de la vie privée des européens. Même si ce projet viole différents lois sur la confidentialité des conversations privées et des décisions jugeant illégal la surveillance de masse, elle s’en moque.
L’Union Européenne souhaite un contrôle de sa population comme la Chine et la Russie.
L’Europe critique les régimes autoritaires et en même temps s’en inspire « pour nous protéger ».
Elle est devenue un danger pour notre démocratie.
Le système en two-tier semble inévitable, avec une plateforme mainstream où tous les utilisateurs seront soumis à une vérification d’identité avec lien fort, et des plateformes spécialisées pour les journalistes, lanceurs d’alertes, ONG…avec une gouvernance forte (lutte contre les abus) et validé par l’ONU.
Il reste le problème d’accès pour les personnes défavorisées qui ont du mal à accéder à une identification personnelle numérique. Les gouvernements devront faire en sorte de faciliter l’accès à ces dispositifs, de rendre le plus inclusif possible.
En termes de scan/détection, il faudrait une validation humaine et vérifier le contexte. Mais cela prend du temps et mobilise des moyens alors qu’il faut une réponse rapide. Cette obligation de résultat est en ce sens un moyen de freiner les géants américains dans leur expansion.
