Commentaires : Ces deux artistes mondialement connus assument de proposer de la musique générée par IA

Autrefois mal vus par les amateurs de musique, les outils d’intelligence artificielle sont devenus un classique du monde musical. Outre les utilisateurs inconnus générant des musiques IA à la chaîne, de véritables artistes se mettent à les utiliser.

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L’Autotune d’Antares, et ses dérivés comme Melodyne, ne créent rien du tout. C’est un effet sonore qui change les notes pour qu’elles suivent une gamme ou un accord défini par exemple, avec des paramètres pour que la chose soit transparente ou au contraire, en les poussant à l’extrême, très remarquable, ce qui donne un effet vocodeur. Cette utilisation extrême est une utilisation détournée de l’Autotune, qui servait à la base uniquement à corriger les petites dérives vocales (par exemple un quart de ton trop haut ou trop bas) de manière la plus transparente possible. Un générateur de musique ce n’est pas un effet, c’est un logiciel qu’on a entraîné avec des milliers de musiques existantes, et qui recrache, via un algorithme probabiliste, de la musique qui imite celle qu’il a ingurgitée. « Imite » est un mot très important lorsqu’on évoque ces logiciels, car c’est ce qu’ils font, ils sont conçus pour tenter d’imiter notre langage, notre musique, nos dessins, nos photos et autres, avec plus ou moins de réalisme. La comparaison n’est donc pas osée, elle est fallacieuse.

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Il ne s’agit pas de rejeter l’utilisation de l’IA en tant qu’outil qui peut avoir sa place dans un processus créatif. Pas pour remplacer mais pour accompagner. Si on tape juste un prompt en disant « Génère une musique rock avec telles paroles » et qu’on prend le résultat tel quel pour le balancer sur Spotify, il est clair que dans ce cas c’est du 100% généré par IA.

Si par contre on demande à l’IA de générer une mélodie au hasard qui sonne bien et qu’ensuite on retravaille tout ça pour éventuellement corriger, ajouter ses propres arrangements, etc, alors on est dans le cas d’un processus hybride, on a fait quand même preuve d’une certaine créativité. De la même façon si on crée soi-même une mélodie en plaçant les notes puis en disant à l’IA « joue ces notes mais avec un son de synthé » ça n’enlève pas non plus le travail qu’on a déjà réalisé.

Quand les premiers synthétiseurs sont apparus, les musiciens d’instruments classiques ont crié au scandale. Quand les premiers logiciels de MAO sont apparus dans les années 80, ça a encore râlé. Aujourd’hui nous sommes dans une troisième vague. Mais la différence, c’est que pour utiliser un synthé, maîtriser une station audio numérique etc, il fallait réfléchir, cela nécessitait des connaissances, de la théorie musicale… Alors qu’avec l’IA tout ça c’est terminé et je pense que c’est ça qui est principalement critiqué. Des morceaux génériques, qui se ressemblent, qui sonnent tous pareils, dont les sons ont déjà été entendus…

Oui, ces logiciels permettent à n’importe qui, sans la moindre connaissance, de fabriquer des musiques, des vidéos, des textes, du code, etc… C’est à dire que des gens qui n’y connaissent rien du tout, rentrent en concurrence frontale avec des gens qui ont appris ces disciplines, parfois pendant de très nombreuses années pour devenir des experts.

Cela pose plusieurs problèmes. D’une, déjà que notre espèce n’est pas très maligne, ça ne va pas aider à aller dans le bon sens, puisque notre civilisation est en train de s’effondrer, aucun écologue (pas politique), scientifique ou ingénieur sérieux ne peut le nier. Il semble avéré que plus on utilise ces logiciels, moins on fait travailler sa tête, et donc moins on devient malin (en plus d’augmenter les risques de développer une pathologie neuro-dégénérative). De deux, si des ignares se mettent à concurrencer des experts, ça va poser la question suivante : à qui pourra-t-on faire confiance ? A des logiciels, entrainés par des hommes sur des données humaines, puis ensuite sur des données générées par ces logiciels eux-mêmes, avec tous les biais, imprécisions, erreurs et hallucinations que cela induit ? Donc des personnes feront plus confiance à des logiciels, qu’a leur propre capacité intellectuelle (d’apprentissage, de travail) et à celle des autres ? Autrement dit, l’humain se trouve à ce point idiot qu’il a besoin de machines pour se croire (ou se prétendre) plus malin ? Troisièmement, si l’on ne peut pas discerner ce qui est fabriqué par une machine de ce qui émane du labeur d’un humain, que va-t-il se passer en terme d’information et de connaissance ? Si n’importe quel idiot peut propager n’importe quelle ineptie (ce qui est déjà le cas sans ces logiciels, mais ça ne va faire qu’empirer les choses), comment détecter ce qui est du domaine de la connaissance de ce qui est du domaine de la croyance ou du sophisme ?

Bon, selon Arthur Keller et beaucoup d’autres, de toutes façons, on ne devrait pas avoir à se poser ces questions trop longtemps. Notre système s’effondre, la vie se meurt sur Terre, c’est entièrement de notre faute, et tout le monde s’en fout royalement, à commencer par les états. Il va y avoir de la casse, beaucoup de casse, et ce n’est pas faute de l’avoir identifié clairement et démontré en 1972, puis largement confirmé depuis. Alors la bonne nouvelle, c’est que ces questions de logiciels débiles qui consomment des ressources démesurées, n’ont vraisemblablement pas un grand avenir, hormis dans des histoires de science fiction naïvement optimistes.

Pour les vrais artistes, la preuve qu’ils sont les auteurs des œuvres pourrait être la diffusion de leurs séances en studio sur de vrais instruments.

Ça ne prouverait que qu’ils ont joué la musique en question sur de vrais instruments. Pas qu’ils l’ont écrite.