On le disait languissant. Pourtant le cours du Bitcoin vient de brutalement repartir à la hausse, grâce à une décision prise à Washington !
A part des articles sur le prix du BTC, on ne pourrait pas avoir des articles de fond? Sur la technologie ou sur l’environnement? Il y a un débat très intéressant sur la possibilité qu’un ordinateur quantique parvienne ou non à casser la sécurité des blockchains, ça pourrait être intéressant? D’autant plus que la sécurité des banques repose sur la même technilogie (encryption 256). Il y a eu récemment un très bel exemple de l’intérêt de PoW avec le rejet de la proposition BIP-110. Bref, des sujets intéressants, il y en a à la pelle.
Ca permettrait d’avoir des discussions plus intéressantes que « tu vois, le cours du BTC ne tiens qu’à une décision » ou « ça ne sert à rien » ou encore « ce n’est que pour les criminels et les spéculateurs ».
Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi les « smart contracts » basés sur Ethereum ne sont pas utilisés. Cela pourrait être vraiment un plus pour vérifier les identités, vérifier l’historique d’un véhicule lors d’une transaction, etc etc.
En vrai l’idée est super séduisante sur le papier, mais dans la pratique il y a plusieurs gros freins qui expliquent pourquoi ce n’est pas encore démocratisé.
Le premier problème majeur, c’est ce qu’on appelle le problème de l’oracle. La blockchain garantit qu’une donnée enregistrée ne pourra plus être modifiée, mais elle ne sait pas vérifier si la donnée de départ est vraie. Si un garagiste malhonnête enregistre un faux kilométrage au départ, le smart contract va juste graver un mensonge de manière permanente. Ensuite, il y a le gros morceau du RGPD et de la vie privée. Sur une blockchain publique comme Ethereum, tout est transparent et immuable, ce qui pose problème quand on parle d’identités ou de cartes grises, car le droit à l’oubli y est techniquement impossible. Ajoutez à ça les frais de transaction (gas fees) et la barrière ergonomique pour M. Tout-le-monde qui ne veut pas gérer un wallet ou des clés privées juste pour vendre sa voiture.
Pourtant, des solutions très concrètes existent déjà ou sont en cours de déploiement. Pour la confidentialité, la technologie des preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proofs ou ZKP) permet aujourd’hui de prouver une information (comme être majeur ou valide propriétaire) sans jamais afficher ses données personnelles sur le réseau. Concernant l’automobile, des constructeurs comme Alfa Romeo utilisent déjà des cartes d’entretien sous forme de NFT pour certifier le suivi des véhicules récents. Pour que ça devienne la norme globale, la solution passe par des réseaux de seconde couche (Layer 2 comme Polygon ou Arbitrum) pour des frais négligeables, couplés à des oracles sécurisés reliés directement aux bases officielles des contrôles techniques et des préfectures. Les briques technologiques sont là, c’est surtout une question de volonté politique et de cadre légal.