L’Homme est mu par la convoitise !
Plus qu’à l’article et à votre post particulier, c’est l’esprit des commentaires qui m’embarrassait un peu. Le piratage de produits numériques (culturels par défaut d’autre chose. Et joueur PCiste il y a des années de cela, j’en profitais. Je n’ai pas du acheté plus de 20% de jeux auxquels j’aurais joués. Les jeux circulaient en CD au boulot. Il suffisait de se servir. En boite d’informatique; nous avions tous les moyens chacun de mettre 50€ dans un jeu par mois. Le bel argument « donner accès à tous » est bien arrangeant) se fait sans aucun scrupule. Les personnes s’en vantent même presque … . Et là moi je tique.
Oui le piratage touche surtout les produits culturels de masse. Oui ces produits génèrent malgré ce piratage bien suffisamment d’argent (cf Avatar? Bon après cet argent ruisselle un peu. Le cinéma français (qui est un miracle) lui doit beaucoup) et il n’y aucun raison que des personnes s’enrichissent à outrance. Mais là encore, l’argument est bien arrangeant. Parce que si ce système fonctionne, c’est parce qu’un point d’équilibre a été trouvé. Qu’il y a suffisamment de « pauvres cons » (ne faut il pas être con pour payer là où on peut se servir gratuitement ?) pour payer, pour payer pour les autres. Et chacun, s’il avait un peu de sens moral, s’il en a les moyens, devrait s’interroger : pourquoi les autres payeraient ils pour moi ?
Et l’argument « le pirate consomme aussi », je m’excuse, moi m’exaspère. Oui moi aussi j’achetais un jeu de temps en temps. Mais si je n’avais pas pu pirater, j’en aurais presque assurément acheté plus (et autour de moi je voyais bien que nombreuses personnes n’achetaient juste JAMAIS quoi que ce soit. Bon j’allais pas leur cracher dessus, puisque je profitais de leur CD de jeux : / ). Et sur cette base, dans un monde pas trop crade, le prix du produit aurait pu être baissé. Et plus de personnes auraient participer au financement de la production de ces choses.
Pirater, c’est du vol. Pirater, c’est vivre au crochet des autres. Parce que encore une fois, pour qu’il y ait des choses à pirater, il faut qu’il y ait une partie des gens qui payent. Comment se sentir légitime à énoncer « que les autres payent pour moi » (encore une fois, si j’en ai les moyens).
Il n’y aurait pu eu deux saisons de Game Of Thrones si chacun avait tenu ce raisonnement.
La culture est un droit. J’abonde. Mais pas comme la nourriture, puisque la nourriture, chacun accepte par obligation de la payer.
Et la culture est très aujourd’hui très largement accessible en payant très peu.
Un abonnement à un service de streaming musicale, c’est 8€/mois. Moins avec un abonnement famille. C’est à peine plus cher qu’un carton de pop corn au cinoche. On trouve beaucoup de personnes prêtes à payer leur popcorn : /). Mais on trouve aussi beaucoup de personnes pour pirater de la musique parce que c’est encore trop cher (en l’occurence, ça ne l’ai pas, car ne permet même pas de payer les artistes, enfin ceux qui font autre chose que du produit de masse).
Un abonnement à un service de streaming video, c’est moins de 10€. Vous le prenez pour un mois, vous regardez ce qui vous intéresse et le mois suivant vous passer à l’autre. 10€. Moins cher qu’un paquet de clopes. Et pourtant, là de bonnes raisons partout trouvées pour pirater en masse (alors que tous ces services aux aussi produisent à perte. Tous en phase de dumping pour s’accaparer le marcher).
Le piratage totalement déshinhibé moi me pose problème.
Oui mon exemple est hors sol effectivement.
Parce qu’il existe ce point d’équilibre qui fait qu’on trouve jusqu’ici toujours suffisamment de personne pour payer pour les autres. Et que les oeuvres les plus piratées sont effectivement des produits culturel de masse (qui génèrent déjà bien suffisamment d’argent nous sommes tous d’accord).
Mais le système tient bien uniquement parce qu’il y a donc assez de gens suffisamment « cons » pour payer. Pour payer pour les autres.
Le début de mon post, c’était pour pointer autre chose en fait. Je constate que jamais les personnes qui piratent ne se placent du coté du producteur. Toutes ces personnes qui justifient à force de moult arguments qui contiennent parfois une portion de légitimité (par exemple, pourquoi enrichir encore plus des personnes déjà riches à outrance. Effectivement, poser comme ça, isolé des reste…), si elles se trouvaient un instant du coté de celui qui a produit, changeraient totalement de discours. Démonstration pour moi que les bases du discours sont faibles (à la mesure de nos faiblesses pour pas écrire médiocrités)
Internet à bon dos non ?
Oui le partage, je suis d’accord c’est bien. Mais pour qu’il y ait des choses à partager, il faut que des personnes les produisent. C’est parfois sinon toujours du travail de produire des choses, c’est aussi de l’argent. Si chaque personne qui piratait produisait, l’équation serait équilibrée. Oui là nous pourrions parler de partage. Quand le partage ne se fait que dans un sens…
Le mode de "partage actuel " ne tient que parce que certains acceptent de payer pour les autres.
Et chacun devrait se dire : qui suis je pour mériter que les autres payent pour moi ?
Après la culture, la culture de masse, a depuis toujours généré des gains exorbitant et indus. Voler un DVD, finalement c’était économiquement peu chose. Pas pour le revendeur final, mais sur la chaine globale. Un DVD et sa boite, c’était 2€ en sortie d’usine. Donc sur la chaine globale, ce vol était presque aussi insignifiant qu’une copie. Et pourtant le geste de voler ce DVD est jugé sur une toute autre échelle.
C’est quoi ta position sur Google/YouTube qui a longtemps contribué à rendre disponible « gratuitement » des œuvres sous droit d’auteurs sans contrepartie ? Il y a encore des albums entiers disponibles sans pour autant que l’auteur soit d’accord. Ils ont lâché l’affaire… Et ceux qui persistent ont « 3 francs-6 sous » au final.
En revanche, la plupart des auteurs qu’absolument personne n’aurait lu, écouté ou regardé ont profité de ces mêmes canaux de copie gratuite sur Internet : l’apparente anarchie a créé des carrières et révélé des talents à la face du monde. Ces auteurs sont généralement les premiers contents.
@juju251, oui la « taille » compte, puisque le phénomène n’est pas le même justement en fonction du succès d’une œuvre. Certaines œuvres passent dans le domaine public, il y a donc une sélection et une gradation en place. Et là, on peut discuter des critères qui font que Beethoven c’est gratuit ad vitam æternam et Avatar 2, vu des centaines de millions de fois et déjà rentabilité en 1 semaine, ça mérite la prison pour les méchants copieurs avides de culture moderne.
Encore une fois, ça n’a pas l’air de déranger Microsoft de se faire pirater ses OS et Office avec une certaine passivité, pas plus que les auteurs de Game of Thrones de savoir qu’ils sont les plus piratés au monde. AMHA
Bref, les principes, leurs modes d’application, leurs résultats et impacts s’apprécient toujours de manières différentes.
J’ai hâte de savoir où vous mettez le curseur entre le légitime et le proscrit : exactement !
Le cas de Google/Youtube est effectivement un scandale absolu. J’aimerais d’ailleurs qu’on m’explique (avec des arguments étayés, pas juste un dépôt de bile) pourquoi cette totale impunité ? Pourquoi n’ont ils pas croulé sous les condamnations ? (pour avoir posté une fois une vidéo de 30s d’un vieux film dont j’avais corrigé un FX, il m’a été signifié immédiatement que je violais les droits d’auteur (notons que ma vidéo est toujours en ligne. Peut être parce qu’elle n’a fait que 10 vue : ) ). Google ne pouvait donc pas plaider l’ignorance ou l’incapacité d’agir dans ce dossier. Elle pouvait agir quasi-automatiquement. Mais c’est la posture commune de tous ces hébergeurs qui laissent les autres commettre les fautes à leur place et se contentent de récolter la moisson.
Il est certain que de pointer les particuliers comme seuls coupables est un scandale.
Notons que tout artiste dont il serait rendu public qu’il porte plainte pour non respect des droits d’auteur se verrait lyncher sur la toile. Là le coté bien sombre du web.
Après que chacun puisse décider de déposer sa propre production libre de droit sur ses plateformes pour la rendre visible, c’est le très beau versant du web. C’est le web idéal. Celui de la découverte et du partage.
Les sommes astronomiques que va récolter Avatar 2 est bien sûr une aberration (qu’il génère un profit certain non, au regard des risques pris par la production). Là l’impôt pourrait un peu corriger la chose (on a chez nous le CNC qui joue un peu ce rôle). Mais l’impôt est largement conspué et très souvent facilement détourné. Une solution, moi je n’en ai pas.
La musique de Beethoven, sauf erreur de ma part, n’est pas totalement libre de droit. Ce qui est libre, c’est d’exploiter des enregistrements qui ont un certain âge (50 ?), et d’effectuer de nouveaux enregistrements. Mais diffuser et copier des enregistrements récents restent interdits.
Ce n’est pas pour rien que les Beatles ont repris tout leur catalogue en version remasterisée : )
La politique de droit d’auteur devrait être revu. Il n’est pas raisonnable (sain et utile pour la société) qu’un gus comme Patrick Hernandez tourne à plusieurs milliers d’euro jours pour un titre composé il y 40 ans. Il devrait y avoir un plafond de gain. Et idéalement, dans un monde rêvé, tout le gras pourrait revenir au financement des services publiques (je pense que nos infirmières sont aujourd’hui plus méritantes et utiles à la société que ce cher Patrick)