Mira Murati, l’ancienne directrice technique d’OpenAI, dévoile Inkling, le premier modèle grand public de sa start-up Thinking Machines Lab. Son approche est à contre-courant des géants américains de l’intelligence artificielle (IA), sera-t-elle payante ?
Cet article présente plusieurs raccourcis qui donnent une lecture inutilement orientée de la situation.
Tout d’abord, OpenAI propose déjà des modèles à poids ouverts : gpt-oss-120b et gpt-oss-20b, publiés sous licence Apache 2.0. L’article le reconnaît d’ailleurs plus loin, ce qui rend assez discutable l’opposition initialement établie entre Inkling et les « géants américains ».
Ensuite, affirmer que le post-entraînement d’Inkling « s’appuie sur des données générées par Kimi K2.5 » est une formulation très réductrice. Thinking Machines explique avoir effectué un premier affinage supervisé à partir de données synthétiques générées par plusieurs modèles à poids ouverts, parmi lesquels Kimi K2.5. Cette phase d’amorçage n’a représenté qu’une petite fraction du calcul total ; l’essentiel du post-entraînement a reposé sur un apprentissage par renforcement à grande échelle, dans des environnements synthétiques et conçus par des humains.
Ces éléments ne suffisent donc pas, à eux seuls, à illustrer un « rapport de force qui s’inverse ». La forte progression des modèles chinois dans l’écosystème open-weight est bien réelle, mais parler d’un dépassement en « usage global » sans préciser la plateforme, la métrique ou le périmètre étudié transforme une tendance particulière en conclusion générale.