Le problème ce n’est pas l’eau en soit, qui suit en effet un cycle. L’eau que l’on boit était déjà en majeure partie sur Terre depuis des millions d’années et a été consommée par les dinosaures par exemple. Le problème c’est la régénération des réserves d’eau douce que nous utilisons massivement et gaspillons. Les sécheresses font que l’eau douce se régénère moins vite (celle-ci est filtrée naturellement par les sols, mais il faut du temps et qu’il pleuve suffisamment), alors que nous en pompons toujours autant ou presque. Il y a déjà des endroits ou les réserves d’eau sont dans un état critique dans le monde. En France, il y a des restrictions techniques, c’est à dire non pas liées à une décision politique, mais à la réalité de réserves quasiment vides.
De plus, les sols étant dans un état de pollution critique, l’eau douce est de mauvaise qualité dans beaucoup d’endroits (même traitée). Le cycle de filtrage naturel, qui est normalement très efficace, est sacrément mis à mal par nos rejets nocifs, le changement climatique d’origine anthropique et par l’artificialisation des sols.
Et en effet, l’eau n’est pas systématiquement traitée, pas du tout. Je suis autonome en eau, puisée en profondeur, sans traitement, et j’y fais très attention (je suis très économe). Ce n’est pas une question d’argent puisque je ne la paie pas. Mais je suis conscient que l’eau est une composante essentielle de la vie telle que nous la connaissons, sans elle nous n’existerions pas tout simplement. Notre corps est composé d’environ 60% d’eau. Traiter l’eau par dessus la jambe n’est pas très malin (mais l’homme, surtout en groupe, n’est PAS très malin, comme l’avait bien remarqué Gustave Le Bon).
On a beaucoup de choses aberrantes dans les pays riches : on défèque et on urine dans des litres d’eau potable, les gens ont pris, très récemment, l’habitude de se laver énormément (ce qui est un cercle vicieux, car plus on se lave, plus il faut continuer à le faire, car cela détruit les mécanismes naturels qui nous protègent et régulent notre odeur), consommant beaucoup d’eau potable pour cela et rejettent une eau très polluée (pleine de produits chimiques très néfastes) qu’il faut traiter. Les usines rejettent des quantités massives de polluants dans les sols, les eaux, les airs. Le pire, c’est l’industrie minière, le plus gros pollueur, le plus gros consommateur d’eau, d’énergie (électrique et fossile) et le plus gros désastre social (expropriations, meurtres). Cette industrie pollue massivement et durablement les sols. Vient ensuite l’élevage, car nous élevons des centaines de milliards d’être vivants pour la consommation humaine, avec un gaspillage colossal et des rejets polluants en conséquence. Et enfin les gens, n’ont absolument aucune conscience de ce qu’ils sont et de là ou ils vivent. Tout est artificialisé, conceptualisé, virtualisé, tout a été fait pour que l’humain oublie qu’il est un animal comme les autres, obéissant aux lois biologiques et physiques comme les autres.
En fait, comme pour tout, l’homme n’étant pas très évolué (il s’est inventé le concept d’intelligence justement pour se placer au dessus du vivant, mais ses actes démontrent qu’il n’a clairement rien compris et ce concept divise beaucoup aujourd’hui), il exploite tout ce qu’il trouve à l’excès jusqu’à sa disparition, sans se poser de questions. Et quand il commence à s’en poser parce-qu’il entrevoit un risque de pénurie, ça prend tellement de temps en tergiversations pour que des actes suivent, que c’est souvent trop tard.
Par exemple, concernant le CO2 dont les écolos politiques aiment tant parler, c’est trop tard depuis 50 ans. Ce gaz étant très stable, ce qui s’est accumulé dans l’atmosphère va y rester des décennies. Et comme on ne changera pas l’exploitation minière qui est toujours plus sous tension, la « croissance » (qui est une décroissance du vivant), comme l’élevage massif et le consumérisme de l’ailleurs, ça ne va faire que s’accumuler encore davantage. C’est en 1972, lors de la publication du rapport Meadows, qu’il fallait choisir entre la sobriété pour la pérennité de la vie sur Terre, ou la folie (appelée aussi « croissance ») qui nous mènera, d’après les simulations, à notre perte. Et à celle de la majeure partie du vivant que nous entrainons avec nous, puisque l’homme, pas très malin encore une fois, est conditionné à être fortement anthropocentré (ce qui est un non sens), à ne voir que lui (alors que nous sommes insignifiants en terme de nombre, de masse, de surface occupée par nos corps sur Terre). Pourtant, nous dépendons beaucoup du reste du vivant du Terre, même au sein de notre corps, composé d’innombrables organismes sans lesquels nous ne pourrions pas vivre. Et nous traitons l’eau, le vivant et ces organismes comme de la m… Tout ça pour toujours plus de gadgets. C’est ça, être « intelligent » ?