- Christophe Beugnot et son ex-compagne Adeline Marfe ont demandé vendredi une dernière fois "pardon" pour la mort de Dylan, 4 ans, en octobre 2003 à la suite de sévices d’une violence extrême, avant que la Cour d’assises du Bas-Rhin ne se retire pour délibérer.
"Si la peine de mort existait, je l’aurais demandée. J’ai tenté plusieurs fois de me suicider dans ma cellule, mais je n’y suis pas arrivé. Je demande pardon", a déclaré Christophe Beugnot.
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"Je ne me souviens pas trop de ce que j’ai fait", a-t-il ajouté après avoir passé l’ensemble du procès à nier les actes de torture et de barbarie pour lesquels il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
"Je regrette profondément ce qui s’est passé. Quelle que soit la peine que je vais recevoir, je ne sortirai jamais du mal que j’ai en moi", a déclaré Adeline Marfe, poursuivie pour avoir privé son fils Dylan de la nourriture ou des soins qui auraient permis sa survie.
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Les juges et les jurés se sont retirés vers 11H00 après avoir entendu les deux derniers avocats de la défense. Le verdict est attendu dans les heures qui suivent.
Jeudi, l’avocate générale avait requis à l’encontre de Christophe Beugnot la peine maximale, c’est-à-dire la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans, soulignant qu’il était "à l’origine directe" de la mort de l’enfant, allant jusqu’à le mordre et à lui faire ingurgiter des excréments pendant son agonie.
A l’encontre de la mère, elle n’a toutefois pas requis la peine maximale de 30 ans de réclusion, notant que si elle s’était "associée à la terreur" que faisait régner son compagnon sur ses enfants, elle n’avait "jamais fait parler d’elle auparavant" et semblait avoir entamé "un travail sur elle-même".
L’avocat de Christophe Beugnot, Me Patrick Rodier, a demandé à la Cour d’avoir "un sursaut d’humanité" avant d’envoyer son client "à la mort judiciaire", la priant de tenir compte des "circonstances atténuantes" que sont, selon lui, son jeune âge --19 ans au moment des faits-- et son histoire personnelle.
Beugnot n’est "qu’un être fruste, primitif, à la limite de la débilité" marqué par les violences et les viols dont il dit avoir été victime dans sa famille, a souligné son avocat.
Me Gilbert Collard s’est pour sa part attaché à démonter le réquisitoire à charge contre sa cliente Adeline Marfe qui, avant sa "rencontre funeste et diabolique" avec Christophe Beugnot en juin 2003, "était une mère modèle, parfaite".
Pour tenter d’expliquer pourquoi elle n’avait rien entrepris pour sauver son fils, allant jusqu’à cacher ses bleus, effacer les traces de sang sur les murs et mentir à son sujet, Me Collard a avancé "la peur, la honte, la soumission", déjà vécues à l’âge de 15 ans lorsqu’un sadique avait commis sur elle des atteintes sexuelles.
Dylan, sur le corps duquel 73 bleus, brûlures de cigarettes, cicatrices et lésions d’âge différents ont été recensés, est mort le 3 octobre 2003 à la suite de plusieurs jours d’agonie au domicile familial, sous les yeux de son frère Tino, 6 ans à l’époque et aujourd’hui placé dans un foyer.