[TR] Les alimentations ATX: la technologie

Section 1: Les notions de puissance et d’intensités

Souvent mise en avant par les constructeurs, la puissance d’une alimentation est importante. En effet, plus un pc sera bardé de périphériques, plus la puissance nécessaire sera élevée.
Par contre, la puissance annoncée, c’est l’argument commercial par excellence! Certains (surtout sur les alimentations no name) n’hésitent pas à annoncer des puissances que je qualifierai de fantaisistes.
Alors, comment savoir si la puissance annoncée sera bien au rendez vous? La réponse est simple, il suffit de regarder la plaque signalétique sur l’alimentation.

Sur la plaque signalétique il faut regarder les intensités affectées à chaque tension, mais il y a une petite subtilité:

Certains constructeurs indiquent deux intensités pour chaque tension:

  • une intensité nominale ("current"), celle que l’alim peut fournir en continu
  • une intensité de crête ("peak"), l’intensité que l’alim supporte de manière transitoire, cette 2e intensité, bien plus élevée n’a que peu d’intérêt du fait que l’alim ne la supporte pas en continu, il ne faut dons pas y prêter plus d’attention que ça.

Sur la plaque signalétique et toujours concernant la puissance de l’alimentation, il y a 2 autres indications importantes:

La puissance combinée 5v & 3.3v: C’est la puissance maxi que peut délivrer simultanément l’alim sur le 5 et le 3.3 volts.
La puissance combinée 3.3v & 5v & 12v: C’est la puissance maxi que peut délivrer simultanément l’alim sur le 3.3, 5 et 12 volts, c’est la puissance réelle maxi utilisable (Notez que les tension -5 / -12 volts sont négligées quand elles existent, car leur usage est rare et la puissance associée est faible.)

Exemple de plaque signalétique:

Voici en exemple le tableau des intensités d’une alim Antec Smartpower 350Watts:

http://chezjuju.123.fr/to/alims/specifs_antec350.png

On constate ici, que la puissance réelle est très proche de la puissance max annoncée.

C’est un des points permettant de faire rapidement la différence entre une alim de marque (ou la puissance réelle sera très proche de celle annoncée) et une alim "no name" (sans marque ou de marque inconnue) sur laquelle la puissance réelle (lorsqu’elle est indiquée!) est très inférieure à la puissance annoncée…

A titre d’exemple, voici le tableau d’une alimentation Qtec (très proche du no-name) revendiquant 450Watts…

http://chezjuju.123.fr/to/alims/specifs_qtec450.png

Il suffit de regarder le tableau … C’est net, la Qtec, malgré le fait qu’elle revendique 450Watts n’approche même pas la puissance réelle de l’Antec… (je rappelle que seul la ligne "MAX" compte réellement, les valeurs en crête ("PEAK") ne servent pas à grand chose, l’alim ne pouvant le tenir en continu)…

Rien qu’en 12 Volts la Qtec rend 7 Ampères à l’Antec, alors que le bloc Antec revendique 100Watts de moins. C’est bien entendu le même phénomène pour les autres tensions. (En 5Volts et en 3.3 Volts on atteint là des sommets… la Qtec rend respectivement 10(!) et 14 (!!) ampères à l’antec. :ouch:)

C’est donc clair, sur une configuration consommant environ 330Watts réels, là ou l’antec tiendra sans problème, la Qtec à toute les chances de défaillir … Et si vous jouer de malchance, peut être emmenera-t-elle d’autres composants avec elle…
Je terminerai sur cette analyse de plaques signalétique en présicant que le constructeur n’annonce même pas la puissance combinée maximale que peut supporter son alimentation… Et c’est très loin d’être un cas isolé, c’est identique (ou presque) sur toutes les alims "no name" ou "500Watts à 10euros".

Du coup, si vous souhaitez changer d’alimentation, vous pouvez donc d’embler éliminer les alims bas prix de votre liste de choix potentiels… :jap:

La répartition de la puissance

Nous venons de le voir, la puissance est donc importante, sa répartition l’est aussi. J’ai déjà vu des alims annoncées comme délivrant 500W, proposant 50A sur le 5V (soit 250W sur le 5V)! :ouch: Ce genre de répartition est complètement inutile, puisque les configurations commercialisées depuis un moment (à partir du Pentium 4 chez Intel et de l’Athlon sur Socket A chez Amd, mais pour l’Athlon ca dépend des constructeurs de cartes mères.) demandent bien plus de puissance sur le 12V que sur le 5V.

En effet, avant l’apparition de la prise carrée 12 V, les processeurs étaient alimentés à partir du 5V, nécessitant donc, une alim musclée sur cette tension. Aujourd’hui, il vaut mieux privilégier une alim disposant d’une forte intensité sur le 12V, cette tension sera mise à contribution pour l’alimentation du Cpu, de la (des) carte(s) graphique(s) et des disques durs, etc…

L’évocation de la répartition des puissances nous amène tout droit à une "mode" apparue il y a quelques temps sur les alimentations moyennes et haut de gamme: le double rail 12V.

Le double / triple / quadruple (!) rail 12V

Beaucoup de constructeurs de blocs d’alimentations ont donc dans leur gamme des alimentations disposant de plusieurs rails 12V.

Le double rail 12V provient d’une recommandation de la norme ATX (donc ce n’est pas une obligation) indiquant que l’intensité sur le 12V ne doit pas dépasser 20A sur un rail. Les constructeurs ont donc proposé des alimentations proposant plusieurs rails 12V avec une intensité maxi de 20A sur chaque rail. De plus la recommandation de la norme indique que le Cpu doit être alimenté par un rail séparé (le 12V2)

Les constructeurs nous présentent souvent le double (ou triple, quadruple, etc…) rail comme étant l’argument ultime pour la stabilité des tensions. Très bien … en théorie! :smiley:

En effet dans la très grande majorité des cas, une seule tension de 12V est générée par l’alimentation, cette tension est ensuite divisée en plusieurs rails, chaque rail possédant ensuite des protections adaptées contre les surintensités.

Dans la théorie, ce qui pouvait sembler une bonne idée pose en fait un problème:
En effet, imaginons une alimentation proposant 38A sur le 12V, répartis ainsi: 20A sur le 12v1 et 18A sur le 12V2. Le Cpu étant alimenté par le 12V2, la puissance restante sur ce rail est donc indisponible. (dans mon exemple, on va dire que le Cpu consomme 10A sur le 12V2)

Donc, sur le rail 12V2, on a donc 10A consommés au lieu de 18A (le maxi que peut délivrer l’alim sur ce rail.)… On a donc 8A "bloqués" que l’on ne pourra jamais utiliser. Imaginons maintenant que notre machine est bardée de cartes graphiques et de périphériques en tout genre … eh bien, on risque fort de dépasser la limite de 20A sur le 12V1 (et donc d’avoir des arrêts de la machine car l’alim risque de se mettre en sécurité…) Ceci, sans consommer plus que ce que peut délivrer réellement l’alim (les 38A) sur le 12V. Frustrant! D’un coté on a 8A qu’on ne pourra pas utiliser et de l’autre, il nous manque quelques ampères…

Dans la pratique c’est un peu différent cependant:
La plupart des constructeurs ont prévu ceci en permettant de surcharger un peu les rails (22A au lieu de 20 indiqués par exemple) tant que l’intensité maxi sur le 12 Volts n’est pas atteinte. Il n’empêche, personnellement je trouve qu’il n’y a pas trop d’intérêt a séparer le 12V de la sorte. On créé au final plus de problèmes que l’on n’en résout. :neutre: